theo phóng viên tuần báo ParisMatch trên tuyến đầu của UKraina chống quân xâm lược của tên Hitler/Putin

Guerre en Ukraine : nos reporters sur la ligne de front

Paris Match ||Mis à jour le 

François de Labarre et Nicolas Delesalle

Un champ de gravats : voilà tout ce qu’il reste du lycée n° 25 de Jytomyr, pulvérisé par un missile, le 5 mars

Un champ de gravats : voilà tout ce qu’il reste du lycée n° 25 de Jytomyr, pulvérisé par un missile, le 5 mars

PATRICK CHAUVEL

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Depuis le début de l’offensive, des millions d’Ukrainiens sont sur les routes. De Kiev à Odessa, de Kharkiv à Marioupol, plus aucune ville n’est sûre. Nos reporters ont rencontré sur la ligne de front des blessés, des prisonniers russes et des résistants ukrainiens. 22 pages spéciales à retrouver dans le numéro 3801 de Paris Match, en vente en kiosque.

Mercredi 3 mars. Nous avons rencontré des soldats russes dans un hôpital militaire de Jytomyr aujourd’hui. Ils sont blessés et prisonniers. Ils sont tous les trois soldats professionnels. Tous disent ne pas avoir su qu’ils devaient envahir l’Ukraine. Ces hommes ne sont pas libres. Leur parole non plus, par définition. Mais j’ai jugé que le témoignage d’Arcadi, 21 ans, blessé aux jambes, méritait d’être lu et aidait à comprendre ce que nous vivons tous : « Je m’appelle Arcadi. J’ai 21 ans. Je suis du corps Olanda 38846. Je suis chauffeur. On est arrivés en Biélorussie à Rechnitsa. Le 23 février au soir, on nous a dit de suivre les colonnes sans nous dire qu’on allait en Ukraine. On a compris qu’on était en Ukraine quand on a vu le panneau Tchernobyl. On a demandé au commandant : « Que faisons-nous ici ? Il faut revenir sur nos pas. » Il nous a répondu qu’il n’y avait pas de retour possible parce qu’on était encerclé. La guerre, personne n’en veut. Il ne faut en aucun cas la faire, c’est trop effrayant. On n’a pas pu déserter. On a essayé de discuter avec le commandant mais ça n’a pas marché. Nous étions dix voitures, j’étais le dernier, je ne sais pas ce que sont devenus les autres. »

Jeudi 4 mars.Un missile Kalibr vient de pulvériser des salles de classe, des tableaux, des globes terrestres, des drapeaux européens, des tables et des chaises. On l’a vu filer sur sa cible à basse altitude. Miracle, le bâtiment était vide.

Au milieu des décombres constellés de cahiers, de feuilles noircies d’une écriture enfantine…

La directrice de ce lycée réputé pour son excellence en mathématiques cherche le mémoire de fin d’études de son meilleur élève, qui a décroché une bourse à Yale, aux États-Unis.

Depuis minuit la nuit dernière, 24 alertes anti-aériennes ont retenti à Jytomyr, ville de 260 000 habitants à 150 kilomètres à l’ouest de Kiev. On entend les avions voler à basse altitude. On ne peut pas sortir pour témoigner, les risques de se faire tuer par des brigades territoriales terrorisées par les mouvements nocturnes sont trop importants.

Vendredi 5 mars.Les magasins se vident, l’argent manque. Un homme âgé, très bien habillé, les souliers cirés dans la neige, rasé de frais, est passé devant notre hôtel à Jytomyr et a demandé s’il pouvait nous prendre des yaourts. Il n’a plus rien à manger.

Notre envoyé spécial à Kiev, François de Labarre et notre photographe Frédéric Lafargue se sont rendus à Irpin, dernier rempart avant la capitale ukrainienne. C’est aussi dans cette région qu’ont été déployés les soldats tchétchènes de Ramzan Kadyrov, le vassal de Poutine.

Ils ont rencontré Andrii, ancien de la force Salamandre en Bosnie, qui s’est enrôlé dans les forces de défense territoriale, une armée de volontaires créée en 2014 pour soutenir les troupes dans le Donbass. « Tout le monde n’a pas la même expérience, nous dit-il. Certains ne savaient pas manier les armes, mais ils ont des couilles en acier ! »

Samedi 6 mars. Kiev, dans le quartier Akademmistechko. Des civils n’en finissent pas d’ériger de nouvelles barricades ou de concocter leurs fameux « cocktails ukrainiens », plus connus autrefois comme cocktails « Molotov ».

Yuri, un Russe, a rejoint les volontaires. Sa femme est ukrainienne. Ils ont vécu à Moscou pendant huit ans puis elle a voulu partir car, en tant qu’Ukrainienne, elle ne s’y sentait pas bien. « On est venus ici il y a six mois, dit-il. Et aujourd’hui, pour ma famille, je dois combattre. » Des proches en Russie ne veulent pas le croire lorsqu’il parle de cette guerre. « Ils pensent que ce sont les Ukrainiens qui se tirent dessus, c’est très dur à entendre. »

Voir aussi :A Irpin, une planche en bois comme seul salut pour les Ukrainiens qui fuient les combats

Jytomyr. Malgré les frappes quotidiennes sur les cibles militaires, les hurlements des sirènes et le bruit des avions menaçants, la ville est loin d’être à l’arrêt. Pendant la journée, les gens circulent, font leurs courses, s’arrêtent au feu rouge et le tram fonctionne. La ville est en équilibre sur un fil, les Russes sont à 100 km au nord, derrière la frontière biélorusse, 50 km à l’est vers Kiev, et l’aéroport de Vinnitsa au sud a été détruit aujourd’hui. Ce n’est pas l’enfer de Kharkiv ou de Marioupol, ça pourrait le devenir. Konstantin a 51 ans, en tenue de combat : « tout sera fini avant septembre. Les Russes ne peuvent pas gagner. Pour nous, c’est l’esclavage, la mort ou la victoire. »

Dimanche 7 mars. Dans le village de Malyn, à 70 km au nord de Jytomyr, les sirènes hurlent. Un pont et une église orthodoxe ont été détruits cette nuit.

Mardi 8 mars. Ce matin, on a rencontré une famille qui a fui Makariv, près de Kiev. La ville est vide. Combats sporadiques. Bombardement. Macha, 12 ans : « a appris à reconnaître les tirs de mortiers », dit son père. Elle sait quand ils partent et quand ils arrivent.

Mardi 8 mars. Ce matin, on a rencontré une famille qui a fui Makariv, près de Kiev. La ville est vide. Combats sporadiques. Bombardement. Macha, 12 ans : « a appris à reconnaître les tirs de mortiers », dit son père. Elle sait quand ils partent et quand ils arrivent.

Ce soir à Jytomyr, des bombardements violents et proches sont en cours.

Au moins un homme manque à l’appel. Les recherches continueront demain. C’est un bâtiment où vivent les familles des soldats qui sont déployés au front.

Malyn a encore été bombardée ce mardi soir. Au total, 6 morts et de nombreux blessés.

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