La situation des femmes afghanes !thân phận phụ nữ dưới chế độ Taliban trở lại thời Trung cổ !!

La situation des femmes afghanes en quelques chiffres

Publié le : 27/08/2021 – 05:41

Des femmes afghanes assistent à un événement lors de la Journée internationale des droits des femmes, dans la province de Bamiyan, le 8 mars 2021.
Des femmes afghanes assistent à un événement lors de la Journée internationale des droits des femmes, dans la province de Bamiyan, le 8 mars 2021. © AFP – WAKIL KOHSAR

Texte par : Arnaud Jouve Suivre 3 mn

Très fortes inquiétudes pour le sort des femmes en Afghanistan après la prise de Kaboul par les talibans, le 15 août 2021. L’Émirat islamique d’Afghanistan, qui avait déjà contrôlé le pays et imposé une interprétation très rigoriste et violente de la charia entre 1996 et 2001, est de retour. Une situation particulièrement préoccupante pour les femmes, qui alarme toutes les institutions et organisations internationales. Retour sur la situation des femmes en Afghanistan en quelques chiffres. Publicité

C’est dans les années 1960-1970 que les femmes afghanes ont connu une première période d’émancipation par rapport à un système traditionnel très archaïque qui les maintenait complètement sous la domination masculine. Mais les guerres et les conflits successifs vont compliquer cette émancipation. Ce sera d’abord l’intervention soviétique de 1978 à 1992, puis la guerre civile entre les différentes factions de 1992 à 1996 et ensuite la prise de pouvoir cette année-là par les talibans. Ces derniers imposeront un régime très dur, surtout vis-à-vis des femmes qui perdent alors toute forme de liberté et de droits et se retrouvent totalement soumises à une vision archaïque et au pouvoir des hommes.

L’intervention de l’Otan, en 2001, met un terme à l’occupation talibane, mais entraîne une guerre pour reprendre le territoire en engageant parallèlement diverses initiatives de développement qui permettent aux femmes de se libérer, d’accéder à l’éducation, à la santé, à la vie sociale et politique. Comme la population afghane est jeune en majorité, beaucoup de jeunes femmes ne connaissent que cette période et aspirent à plus d’autonomie et à une meilleure qualité de vie, surtout pour celles qui vivent dans les campagnes et qui sont encore en très grande difficulté, dépendant des hommes et des mariages forcés.

Mais à partir de 2015, l’Otan, qui ne voit pas d’issue militaire au conflit, commence à se retirer progressivement. Des pourparlers sont engagés entre les Américains et les talibans et un plan de retrait total des forces étrangères est fixé à la fin août 2021. Le 15 août, les talibans rentrent dans Kaboul après avoir reconquis une grande partie du territoire face à une partie de la population totalement désespérée qui tente de s’enfuir. Les femmes afghanes sont totalement catastrophées et les institutions internationales s’alarment pour leur liberté dorénavant gravement menacée. L’Afghanistan étant plus que jamais le pays le plus dangereux au monde pour les femmes

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Les femmes afghanes témoignent de leurs craintes et inquiétudes face aux talibans

Publié le : 27/08/2021 – 15:33

Des femmes afghanes prennent part dans un rassemblement à Kaboul le 2 août 2021, contre des violations de leurs droits par les talibans.
Des femmes afghanes prennent part dans un rassemblement à Kaboul le 2 août 2021, contre des violations de leurs droits par les talibans. AFP – SAJJAD HUSSAIN

Texte par : RFI Suivre 14 mn

Après la reprise du pouvoir par les talibans en Afghanistan, le 15 août, les femmes afghanes craignent un retour de vingt ans en arrière, quand elles ne pouvaient vivre, travailler ou étudier librement. Alors que le traitement des femmes serait « une ligne rouge » pour l’ONU, RFI donne la parole aux Afghanes, exilées ou en Afghanistan, lors d’une journée spéciale vendredi 27 août. Publicité

« Une ligne rouge fondamentale sera la façon dont les talibans traitent les femmes et les filles et respectent leurs droits à la liberté, à la liberté de mouvement, à l’éducation, à l’expression personnelle et à l’emploi, conformément aux normes internationales en matière de droits humains », a déclaré mardi 24 août la Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, lors d’une réunion spéciale du Conseil des droits de l’Homme sur l’Afghanistan.

Depuis le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan, les Afghanes craignent de ne pas pouvoir retourner à l’école ou à l’université, comme c’était le cas dans les années 1990.

« Les afghanes ne sont plus celles d’il y a 20 ans : personne ne peut les arrêter »

« Les femmes adoreraient pouvoir poursuivre leur éducation, mais ça dépend de la situation dans le pays, explique Shkula Zadran, ex-représentante de la jeunesse afghane aux Nations Unies. Si les talibans ne les autorisent pas à aller à l’université, quelle est la solution alternative pour elles ? Peut-être que pour l’instant, ce serait bien de continuer à suivre des cours en ligne, comme nous l’avons à cause du Covid-19. Ça permettrait aux filles de poursuivre leurs études, depuis chez elles, jusqu’à ce que la situation sécuritaire et politique s’améliore », opine-t-elle.

Cette étudiante en master relations internationales à Kaboul garde toutefois l’espoir : « Les afghanes ne sont plus celles qu’elles étaient 20 ans auparavant. Elles sont talentueuses, elles sont engagées, elles ont de grands rêves, et personne ne peut les arrêter. »

Récemment, une afghane a obtenu la meilleure note à l’examen national d’entrée à l’université. Elles sont talentueuses, elles sont engagées, elles ont de grands rêves, et personne ne peut les arrêter. Donc c’est évident que si les talibans veulent nous arrêter, s’ils veulent nous restreindre, ce sera impossible pour eux. Ils doivent nous affronter, ils doivent affronter ces jeunes et courageuses afghanes, cette jeune génération courageuse. Bien sûr nous avons peur. La protection des droits, des libertés, des victoires des afghanes font partie de leurs plus grandes préoccupations. Mais cette fois, la différence c’est que nous ne laisserons personne nous limiter ou mettre des obstacles sur notre route.

Shkula Zadran: «Les choses ont changé pour les Afghanes, nous ne laisserons personne nous limiter»

Justine Maurel

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Même son de cloche pour une militante féministe à Hérat (Ouest) : il est hors de question que les femmes perdent leurs droits et pour cela « il faut que nous soyons courageuses et des militants nous disent que nous ferons mieux de faire entendre notre voix », a-t-elle expliqué à RFI. Cela notamment avec des manifestations, comme le 19 août dernier, jour de la fête nationale.

Selon une militante féministe d’Hérat, les femmes doivent «continuer les manifestations et montrer ce dont elles sont capables» face aux talibans

Justine Maurel

Les sportives en ligne de mire : « Je continuerai à nager et je deviendrai encore plus forte qu’avant »

Parmi les Afghanes, les sportives craignent particulièrement. Car le sport a été un outil d’émancipation considérable pour une grande partie d’entre elles. La nageuse Helena Saboori, qui fait partie de la fédération nationale afghane de natation, n’est « pas sortie depuis la prise de la ville par les Talibans », a-t-elle témoigné par écrit depuis Kaboul.

« Je ne les vois pas, mais je sens leur présence, je sens la peur qui me prend, qui me remplit d’inquiétudes : c’est comme un monstre… Et moi, je me sens comme une petite souris, écrit-elle. Quand j’ai regardé les images des talibans entrer dans le centre-ville, cela m’a bouleversé. Mais je me suis aussi dit que je n’abandonnerai jamais, que je continuerai à nager et que je deviendrai encore plus forte qu’avant. Je ne sais pas comment et quand, mais je suis certaine que cela arrivera, que je serai plus forte qu’avant. »

Zarifa Ghafari, la première femme afghane à devenir maire, veut faire entendre la voix des « Afghanes réduites au silence » depuis l’Allemagne

La place des femmes dans la politique est aussi compromise. Alors qu’elle était la première et la plus jeune femme afghane à occouper le poste de maire dans le pays, à Maidan Shar, Zarifa Ghafari a gagné l’Allemagne sentant sa vie en danger. « Ma famille et moi serons la voix de toutes celles qui ne sont plus en mesure de travailler, qui ne peuvent plus élever leur voix », a-t-elle résumé aux médias allemands lors de son arrivée.

Zarifa Ghafari: Depuis l’Allemagne, «on parlera pour les 99% de femmes terrées chez elles qui ne peuvent plus élever leurs voix»

Heike Schmidt

Toutes les femmes artistes « détruisent leurs œuvres, mais les talibans collectent des informations sur nous depuis des mois »

Les artistes craignent également d’être parmi les premières à subir la foudre des talibans. L’artiste et militante afghane Rada Akbar a réussi à gagner Paris, mais toutes les artistes afghanes n’ont pas eu cette chance.

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« Certaines artistes afghanes que je connais n’ont pas pu être inscrites sur l’une des listes de rapatriement et sont bloquées à l’aéroport : elles ont très peur, car les talibans ont annoncé qu’ils n’autorisent ni la musique ni l’art. C’est pour cette raison que tout le monde panique et détruit ses œuvres, ses documents ou tout ce qui pourrait les mettre en danger, explique Rada Akbar, au micro de Sophia Khastenkova. Mais cela fait des mois que les talibans collectent des informations sur les femmes artistes via les réseaux sociaux. »

« J’ai envoyé certaines de mes œuvres à l’étranger, mais beaucoup sont encore en Afghanistan : je sais que les Talibans vont les détruire. C’était très difficile d’être artiste en Afghanistan, demandant beaucoup de temps et d’efforts. Tout perdre comme ça, ça me brise. Mais je me suis promise que je n’arrêterai pas de faire entendre ma voix et que je continuerai à faire mon travail », poursuit-elle, décidée.

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Double menace contre les quelque 300 femmes juges

Alors qu’environ 300 femmes exerçaient la fonction de juge avant la prise de pouvoir des talibans, elles vivent désormais sous la crainte d’être poursuites. RFI a reccueilli le témoignage d’une jeune magistrate souhaitant garder l’anonymat.

Après 10 ans de métier, ayant exercé à Mazar-I-Sharif et a Balkh et en tant que chef de la Cour primaire des mineurs, elle s’était aussi attaquée à la corruption dans le pays. Mais comme beaucoup de ses compatriotes, elle n’a qu’un souhait désormais : partir.

J’étais un exemple pour beaucoup de filles dans le pays qui se disaient « moi aussi, un jour, je pourrais devenir juge ». Ce qui est vraiment difficile pour moi, c’est que les talibans nous ont d’abord menacées à distance – je veux dire, nous, les juges femmes. Et à présent, ils ont pris le contrôle des institutions. L’autre menace vient des prisonniers que nous avons condamnés et qui ont été libérés par les talibans. Il y deux jours, le porte-parole des talibans a déclaré que les femmes ne pourront plus exercer comme juges. C’est la principale raison pour laquelle je souhaite quitter le pays

Femmes afghanes: «Je sais que les talibans vont détruire mes œuvres d’art»

Publié le : 27/08/2021 – 20:45

L'artiste afghane Rada Akbar et l'une de ses oeuvres au palais Darul Aman de Kaboul, le 24 juin. Elle est aujourd'hui réfugiée en France.
L’artiste afghane Rada Akbar et l’une de ses oeuvres au palais Darul Aman de Kaboul, le 24 juin. Elle est aujourd’hui réfugiée en France. ADEK BERRY AFP

Texte par : Sophia Khatsenkova Suivre 7 mn

Depuis que les talibans ont pris le pouvoir, de nombreuses Afghanes craignent de ne plus pouvoir vivre aussi librement qu’au cours de ces 20 dernières années. C’est le cas de Rada Akbar, artiste et militante afghane qui a réussi à fuir le pays ces derniers jours. Publicité https://c439109f77ab941aeb8771f1269d263b.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-38/html/container.html

RFI : Rada Akbar, comment vous sentez-vous depuis votre arrivée à Paris ?

Rada Akbar : La seule chose que je ressens, c’est que je suis en sécurité. Je suis heureuse de pouvoir continuer à m’exprimer, les talibans ne m’ont pas enlevé cette liberté. Ce que tous les Afghans ont vécu cette dernière semaine est plus qu’horrible. Nous avons tous besoin de temps pour nous rendre compte de ce qui s’est passé. Je n’ai pas eu le temps de le faire, il y a beaucoup de choses que je ne comprends toujours pas…

Et qu’en est-il de vos proches restés en Afghanistan ?

Nous avons réussi à rapatrier mes parents. Mais mes cousins et mes amis sont toujours coincés en Afghanistan. Et je suis très inquiète car ce sont les derniers jours d’évacuation organisés par la France. Beaucoup d’entre eux n’ont pas la possibilité de figurer sur une des listes de rapatriements. S’ils ne peuvent pas se rendre à l’aéroport avant la date limite, je ne sais pas si les talibans les laisseront quitter le pays. En ce moment, tout le monde est très prudent. La majorité de mes proches n’osent plus sortir. Beaucoup ont quitté leurs maisons et se cachent ailleurs

Racontez-nous les jours qui ont précédé votre évacuation ? Quelle était l’ambiance à Kaboul ?

Je savais que la situation allait empirer, mais pas de cette façon. Plus nous nous rapprochions de la date butoir, plus la vie était difficile. Beaucoup de mes amis et de mes proches ont commencé à quitter le pays. J’avais décidé de rester sur place parce que j’avais de l’espoir. Je savais que nous allions perdre certaines de nos libertés, mais je n’aurais jamais pensé que nous allions tout perdre du jour au lendemain.

►À lire aussi : La situation des artistes afghanes: «c’est une grande souffrance»

Lorsque les talibans sont arrivés le dimanche 15 août, j’essayais de trouver un moyen de faire sortir mes œuvres d’art hors du pays pour les mettre en sécurité. C’est ainsi que j’ai été contactée par l’ambassadeur de France pour discuter de la façon dont nous pouvions sauver mes œuvres. L’ambassade française m’a dit que j’étais en danger. Elle m’a délivré un visa deux jours avant la chute de Kaboul. Ce jour-là, j’étais en voiture. Les routes étaient bondées. Des centaines de personnes faisaient la queue devant les banques, les agences de voyage… Mon ami m’a appelé et m’a dit : « Ils arrivent ». J’étais tétanisée, mon cerveau ne pouvait pas comprendre ce qui se passait. Je me suis précipitée à mon appartement et deux heures plus tard, j’étais à l’ambassade de France.

Comment avez-vous réagi à l’annonce de Joe Biden qui a confirmé la fin du retrait des forces américaines au 31 août?

Je n’ai pas été surprise car je ne m’attendais pas à ce qu’il fasse des efforts pour sauver plus de vies. Chaque fois qu’il fait une déclaration, je me sens insultée. Il dit que les États-Unis n’ont aucune responsabilité envers nous, que c’est de notre faute… C’est tellement injuste.  J’ai perdu mon espoir et ma confiance dans les pays occidentaux, surtout les États-Unis. Ils ont montré que la vie des Afghans n’était pas si importante que ça.

Qu’en est-il de la situation des femmes artistes en Afghanistan ?

Elles ont très peur. Les talibans ont annoncé qu’ils n’autoriseront ni la musique, ni l’art. C’est pour cette raison que tout le monde est en panique et détruit ses œuvres d’art, ses documents ou tout ce qui peut les mettre en danger. Cela fait des mois que les talibans collectent des informations sur les femmes afghanes via leurs réseaux sociaux. C’est très effrayant.

J’ai envoyé certaines de mes pièces hors du pays, mais beaucoup sont encore en Afghanistan.  Je sais que les talibans vont les détruire. Mais je ne veux pas y penser car cela me brise le cœur. C’était vraiment difficile d’être une artiste en Afghanistan. Tout perdre comme ça, ça me détruit. Je suis furieuse mais je me suis promis que je n’arrêterai pas de faire entendre ma voix et que je n’arrêterai pas non plus de travailler.

Mais aujourd’hui, la vie des gens est plus importante. Moi, je peux refaire de l’art, car je suis ici en France, en sécurité. Ma seule préoccupation pour l’instant, c’est la vie des Afghans.

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Vous avez souvent dit que vous vous sentiez frustrée par la représentation des femmes afghanes dans les médias occidentaux ? Quel message souhaitez-vous faire passer ?

À travers mon art, j’ai essayé de faire comprendre que les femmes afghanes ne sont pas nées après 2001, avec l’intervention américaine. Nous sommes là depuis des milliers d’années. Nous avons eu des figures féminines brillantes : des reines, des politiciennes, des artistes… C’est tellement insultant et injuste d’entendre les gens raconter sans arrêt des généralités sur les femmes afghanes, comme si nous étions toutes les mêmes. Et que soit disant-ils les États-Unis nous ont sauvées.

►À lire aussi : Les femmes afghanes témoignent de leurs craintes et inquiétudes face aux talibans

Le but de mon travail, c’est de montrer au monde que nous n’avons pas commencé à exister après 2001 et l’intervention américaine. Je demande aux pays du monde entier de ne pas tourner le dos à l’Afghanistan et à mon peuple. Nous ne méritons pas cela. Ces pays ont encore le pouvoir de faire pression sur les talibans.

► Rada Akbar était l’une des artistes dont les œuvres ont été exposées au MuCem de Marseille en 2019, en partenariat avec France Médias Monde. Le musée a lancé une cagnotte pour les artistes afghans. Vous pouvez retrouver le lien en cliquant ici.

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