Taliban et la Chine/Liên hệ của Taliban và Tàu

La Chine affirme que les talibans sont « une force politique et militaire cruciale en Afghanistan »

juillet 30, 2021International 

In this photo released by China’s Xinhua News Agency, Taliban co-founder Mullah Abdul Ghani Baradar, left, and Chinese Foreign Minister Wang Yi pose for a photo during their meeting in Tianjin, China, Wednesday, July 28, 2021. Wang met with a delegation of high-level Taliban officials as ties between them warm ahead of the U.S. pullout from Afghanistan. (Li Ran/Xinhua via AP)

Le mollah Abdul Ghani Baradar et le ministre chinois des affaires étrangères Wang Yi lors de leur réunion à Tianjin, en Chine, le 28 juillet 2021. LI RAN / XINHUA VIA AP

La photo détonne : trois diplomates chinois en costume sombre sont entourés de neufs dirigeants talibans, en shalwar kameez (longue tunique), turbans et barbe en broussaille. Pas un sourire. La Chine communiste, profondément antireligieuse et engagée dans une répression féroce des minorités musulmanes au Xinjiang, région qui borde l’Afghanistan, où les barbes et autres signes religieux suffisent à faire des habitants des suspects envoyés en camps de « rééducation », est l’un des premiers Etats à tendre la main officiellement à ce groupe islamiste fondamentaliste, dont les derniers succès militaires l’ont propulsé aux portes du pouvoir.

« Les talibans sont une force politique et militaire cruciale en Afghanistan », a déclaré, mercredi 28 juillet, le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, ajoutant qu’il espérait les voir « jouer un rôle important dans le processus de paix, de réconciliation et de reconstruction en Afghanistan ». Cette main tendue de Pékin à des talibans en mal de reconnaissance internationale est un exercice de realpolitik pour la Chine, inquiète de la sécurité de ses frontières, et en particulier du risque que l’Afghanistan puisse servir de refuge à des combattants islamistes ouïgours.

La délégation des talibans, arrivée à Tianjin, à l’est de Pékin, pour une visite de deux jours mardi 27 juillet, était dirigée par le mollah Abdul Ghani Baradar, numéro deux dans la hiérarchie des talibans. « L’émirat islamique a assuré à la Chine que le sol afghan ne serait pas utilisé contre la sécurité du pays. Ils ont promis de ne pas interférer dans les affaires de l’Afghanistan, mais plutôt d’aider à résoudre les problèmes et d’apporter la paix », a déclaré à l’Agence France-Presse Mohammad Naeem, porte-parole des talibans. Les chefs des « étudiants en religion » semblent pour l’heure se soucier de projeter une image de modération et, à l’égard de Pékin, d’assurer leur grand voisin qu’ils n’ont nullement l’intention d’aller porter le fer dans la plaie du Xinjiang où les musulmans ouïgours sont l’objet d’une intense répression.

« Au vu des commentaires donnés des deux côtés, on constate que les talibans sont conscients des sensibilités de la Chine, notamment sur le fait que des militants ouïgours puissent opérer depuis leur territoire, estime Andrew Small, chercheur au German Marshall Fund of the United States, et auteur de The China Pakistan Axis (2015, Oxford University Press, non traduit). Les talibans ont dit qu’ils savent que la Chine est importante par bien des aspects : à la fois en termes de légitimité internationale, de soutien économique, et même pour les relations avec le Pakistan, étant donné la relation très forte entre le Pakistan et la Chine. »

Afghanistan : la Chine en quête d’opportunités après le départ américain

 Des soldats chargent un hélicoptère UH-60L Blackhawk dans un C-17 Globemaster III de l'armée de l'air américaine pendant le retrait des forces américaines en Afghanistan, en juin 2021.

Agence France-Presse5 h 34 | Mis à jour à 6 h 29

Inquiète du chaos en Afghanistan et des potentielles répercussions sur son territoire, la Chine reste prudente face aux talibans, mais garde la porte ouverte au dialogue, à l’affût de nouvelles opportunités après la débâcle américaine.

Les appréhensions de Pékin se portent notamment sur le Xinjiang. Cette région chinoise qui partage une petite frontière avec l’Afghanistan a longtemps été frappée par des attentats sanglants imputés aux séparatistes et islamistes de l’ethnie locale ouïgoure.

En réaction, Pékin a instauré ces dernières années dans la région une surveillance policière draconienne. Selon des experts occidentaux, au moins un million de Ouïgours seraient passés par des camps de rééducation anti-islamiste.

L’arrivée au pouvoir des talibans, dont le régime a entretenu d’étroites relations avec les militants islamistes ouïgours basés en Afghanistan, inquiète forcément la Chine.

Nous attendons des talibans qu’ils s’attaquent à toutes formes d’organisations terroristes, y compris le Mouvement islamiste du Turkestan oriental, a déclaré mercredi Zhao Lijian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Connu sous son acronyme anglais d’Etim, ce groupuscule séparatiste ouïgour est considéré par l’ONU comme une organisation terroriste.

Depuis avant le 11 septembre, les Chinois sont inquiets des combattants ouïgours présents en Afghanistan, rappelle Raffaello Pantucci, spécialiste de l’Afghanistan à la S. Rajaratnam School of International Studies à Singapour.

Ils ont essayé de pousser les talibans à faire quelque chose. Mais rien ne prouve que ces derniers en ont tenu compte. La Chine a conscience de ça. Elle sait que ce n’est pas un gouvernement auquel elle peut faire entièrement confiance, estime-t-il.

Le pouvoir chinois a toutefois accueilli à Tianjin (nord de la Chine) fin juillet une délégation talibane qui comprenait notamment le cofondateur du mouvement, le mollah Abdul Ghani Baradar.

Les talibans sont une force politique et militaire cruciale en Afghanistan, reconnaissait alors le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, exprimant l’espoir qu’ils jouent un rôle important dans le processus de paix, de réconciliation et de reconstruction dans le pays.

Le président chinois applaudit.

La Chine n’a pas encore reconnu officiellement le régime des talibans, attendant de voir la composition d’un futur gouvernement.

Nous attendons qu’un régime ouvert, inclusif et largement représentatif soit établi en Afghanistan avant que la question d’une reconnaissance diplomatique ne soit abordée, a indiqué mercredi le porte-parole chinois Zhao Lijian.

Contrairement à plusieurs puissances occidentales, la Chine a maintenu ouverte son ambassade à Kaboul et son ambassadeur est toujours présent dans la capitale afghane. Pékin a tout de même rapatrié 210 de ses ressortissants le mois dernier.

Des investissements en quête de garanties

La Chine voit également dans le retrait américain une opportunité de renforcer son grand projet d’infrastructures des Nouvelles routes de la soie, auquel s’est rallié l’Afghanistan en 2016. Pékin avait obtenu dès 2007 la concession de la mine géante de cuivre d’Aynak (le deuxième gisement mondial), près de la capitale afghane, pour 3 milliards de dollars.

L’Afghanistan possède également d’énormes réserves de lithium qui pourraient attiser les convoitises des entreprises chinoises, la Chine étant le premier producteur mondial de véhicules électriques.

Mais en raison de la situation sécuritaire, les investissements chinois sont pour l’instant modestes.

Et je ne pense pas que les entreprises chinoises se disent “allons extraire du lithium”, en particulier dans certaines zones du pays qui sont encore très dangereuses, analyse M. Pantucci.

Avant d’investir en Afghanistan, la Chine a par ailleurs des exigences.

La première est de protéger les investissements de la Chine et d’assurer la sécurité de ses ressortissants, affirme Hua Po, analyste politique indépendant, basé à Pékin.

La deuxième est la nécessité (pour le régime taliban) de couper les relations avec les séparatistes du Turkestan oriental et les empêcher de revenir dans le Xinjiang.

Le mois dernier, le porte-parole des talibans, Suhail Shaheen, s’était montré rassurant sur ces deux points, qualifiant la Chine de pays ami de l’Afghanistan.

Si Pékin n’entend jouer aucun rôle politique en Afghanistan, le pouvoir communiste n’a pas manqué d’égratigner le rival américain à la suite du chaos entraîné par le retrait précipité des États-Unis.

Les diplomates chinois ont massivement relayé sur les réseaux sociaux les images d’Afghans tentant désespérément de fuir lundi depuis l’aéroport de Kaboul.

La puissance et la fonction des États-Unis, c’est de détruire, pas de bâtir, a estimé mardi une porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying, accusant Washington d’avoir laissé une terrible pagaille en Afghanistan

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