Những ông chủ mới da vàng(ngày xưa là chủ da trắng)tại Châu Phi/Les nouveaux patrons(les Chinois) en Afrique :Zambie/Zambia-reportage Francais

[French] Les Chinois en Afrique : une étude géographique

December 28, 2016

by Rachel Brock

Abstract [in English]: China’s presence in Africa: promoting development or creating dependence? Sino-African relations date back to the early 1950s and the emergence of the People’s Republic of China as an international actor, but, since 2000, China’s presence in Africa has exploded. Beijing’s involvement extends beyond trade to influence diverse sectors, such as infrastructure construction, national development funds, natural resource extraction, health, and a Chinese migration pattern that has now settled more than 1 million Chinese in Africa. While China claims that current Chinese-African relations foster mutual growth and development, does China’s presence encourage sustainable autonomous development in Africa, or do its policies trap African countries in a cycle of dependence that ultimately hinders the development of the continent?

Les relations sino-africaines ne sont pas récentes. Dès les années 1950, la Chine cultive son rapport avec l’Afrique. Sous Mao Zedong, le régime chinois a ouvertement soutenu les mouvements indépendantistes africains. La fin de la Guerre Froide a largement modifié le rapport entre l’Afrique et la Chine, en raison de leurs croissances respectives.

A compter de l’an 2000, la présence chinoise en Afrique explose. Ce rapprochement est marqué par l’explosion du commerce et des investissements, en particulier dans les domaines de la construction, des infrastructures, et par l’arrivée d’une diaspora chinoise.

Les mutations du rapport entre la Chine et l’Afrique prennent plusieurs formes : la profondeur de l’engagement chinois, son omniprésence, quoique inégale sur le continent, et la projection internationale de la puissance chinoise. Il est toutefois évident que l’influence de la Chine en Afrique jouera sur le développement du continent.

Cette présence très controversée peut être perçue comme la volonté chinoise d’encourager le développement du Tiers monde, ou comme l’ambition d’exploiter les richesses du continent pour servir ses propres intérêts. Elle amène à se pencher sur l’effet positif ou négatif de l’engagement chinois pour les africains. Cette présence contribue-t-elle favorablement et durablement à l’Afrique, ou l’enferme-t-elle dans une dépendance ?

Nous procéderons déjà à une rétrospective du rapport sino-africain, puis nous examinerons la situation actuelle de la Chine en Afrique au niveau géographique et économique. Enfin, nous aborderons l’impact paradoxal de la présence chinoise sur le développement africain comme moteur de développement et comme créateur de dépendance limitant le progrès autonome du continent.

Lors de la conférence de Bandung en 1955, au cours de laquelle le Tiers monde est créé et le mouvement des non-alignés est né, la Chine débute une politique ayant pour objet de promouvoir l’indépendance des pays africains. Elle soutient l’idée d’exporter la révolution politique et soutient financièrement les pays africains récemment indépendants. Le soutien chinois à la prise de pouvoir par le président du Bénin, Mathieu Kérékou, en 1972, est un
exemple type de cette politique. Depuis cette date, le rapport entre les deux pays a permis la construction d’infrastructures au Bénin et a des visites présidentielles.

Cette concentration sur le soutien des révolutions se déplace vers le développement de l’Afrique sous le leadership de Deng Xiaoping, à partir de 1978. L’effondrement des blocs à la fin de la Guerre Froide met fin au soutien aux dictatures africaines par l’Occident et l’URSS. L’émergence ultérieure des démocraties, à divers niveaux de succès, crée des conditions favorables à l’investissement. La reconnaissance de la légitimité de la République Populaire de la Chine par des pays africains a aussi eu un impact favorable sur leurs rapports. Au cours des années 1990, la forte croissance chinoise et la hausse du cours des matières premières rend l’engagement sino-africain très attractif : entre 1990 et 2000, leur taux d’échange augmente d’environ 700%.

L’an 2000 marque un moment charnière. Il s’agit en effet de la date de création du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) dont l’objet est d’entretenir leurs relations. Le sommet de FOCAC en 2005 à Pékin est particulièrement important, dès lors que 35 chefs d’Etats africains étaient présents, et qu’il aboutit à un programme d’aide concessionnaire pour l’Afrique de 5 milliards de dollars. La création du China-Africa Development Fund a pour objectif de promouvoir l’investissement chinois dans des secteurs comme la production énergétique, les transports, les infrastructures, l’exploitation des ressources naturelles et l’industrie. La Chine devient alors le premier investisseur du continent africain, dépassant les Etats-Unis en 2009. En 2013, les échanges commerciaux entre l’Afrique et la Chine ont excédé 200 milliards de dollars.

Selon l’analyse de Jean-Francois Di Meglio, Président d’Asia Centre, « La coopération sino-africaine répond à un triple objectif de la Chine : assurer un accès aux matières premières pour son industrie lourde, offrir des perspectives de développement aux entreprises chinoises, asseoir son influence et gagner de nouveaux alliés ». La Chine a besoin de sécuriser ses approvisionnements, en particulier de matières premières énergétiques telles que le pétrole, et de ressources minières, pour soutenir sa croissance économique. A titre d’exemple, le continent africain possède environ 50% des réserves mondiales d’or et environ 75% de celles de coltan, un minerai important pour la manufacture électronique. Les marchés émergents africains sont également porteurs de nouveaux débouchés pour les entreprises chinoises. Enfin, le remplacement de l’Occident par la Chine en Afrique augmente le prestige international chinois.

Le manque de capital et l’insuffisance actuelle d’infrastructures en Afrique renforce l’attrait de ces relations pour les états africains. Pékin est un partenaire commercial qui ne met pas de conditions politiques à son aide et à ses investissements commerciaux. Les pays ont besoin d’argent pour intégrer l’économie mondiale et d’investissements dans leur infrastructure pour industrialiser leurs transports et moderniser leurs villes. Il est ainsi clair que le souhait d’un rapport sino-africain est mutuel, même si les motivations des parties sont différentes.

Il faut noter cependant que la présence chinoise n’est pas uniforme à travers le continent africain. Elle exerce une influence inégale et plutôt instable, tout en concernant néanmoins l’ensemble des pays africains. La présence géographique de la Chine est notable en Égypte et en Algérie au nord. Dans le sud, celle-ci est forte en Afrique du Sud, en Angola, en Zambie, et en Tanzanie. A l’est, la présence chinoise est importante en Éthiopie, au Soudan du Sud et au Kenya. L’accès à l’Afrique occidentale, où sa présence est limitée, est un objectif majeur pour la Chine. L’Afrique centrale attire les investisseurs chinois en raison de son abondance de ressources énergétiques, forestières, et minérales. C’est le cas en République démocratique du Congo (RDC), qui intéresse la Chine pour son cuivre du Katanga, mais également au Gabon avec les investissements pétroliers de Sinopec, et au Tchad pour ses réserves pétrolières.

Il est souvent fait référence à la diaspora chinoise dans l’analyse du rapport sino-africain. L’industrie a en effet attiré environ 1 million de Chinois en Afrique. Ceux-ci sont concentrés en Algérie et en Angola, où habitent entre 50 000 et 71 500 travailleurs chinois. Toutefois, des enclaves chinoises existent aussi au Soudan, en Éthiopie, en Guinée Équatoriale, en RDC, et en Afrique du Sud. Ces chinois sont pour la plupart des migrants individuels qui travaillent pour des grands projets, ou dans le domaine des services. En 2013, 2 000 entreprises chinoises étaient recensées en Afrique, qu’il s’agisse d’entreprises publiques, privées, ou de petites et moyennes entreprises (PME).

La présence géographique chinoise est en conséquence motivée par ses activités économiques. La Chine investit environ 2 milliards de dollars par an en Afrique depuis 2012, d’après The Washington Post, en janvier 2016. Les investissements sont pour la plupart dans les secteurs pétroliers et miniers : ces derniers représentent environ 1/3 des investissements directs étrangers (IDE) de la Chine. L’exploitation forestière et les investissements dans l’industrie manufacturière sont aussi conséquents. Il convient toutefois de noter que les investissements en Afrique ne représentent que 4% des investissements chinois mondiaux, ce qui est minime par rapport à l’Asie (68%) ou l’Amérique du Sud (13%). Ces chiffres dissipent la notion que la Chine ne se concentre que sur l’Afrique. Cependant, les investissements chinois comptent pour 42% des IDE en Afrique, pour l’essentiel en Afrique du Sud, au Nigeria, en Zambie, en Angola, en Algérie, et au Soudan.

La Chine aime présenter son engagement comme une opération gagnant-gagnant au sein de laquelle chaque partie est bénéficiaire. D’un part, la Chine finance des projets d’infrastructure, qui bénéficient aux africains. A l’inverse, le partenaire chinois est rémunéré en matières premières. Les entreprises chinoises peuvent également tester leurs produits industriels sur des marchés réputés moins exigeants.

La proximité des économies africaines avec l’économie chinoise conduit à prendre en compte les effets probables du ralentissement économique récent de la Chine. Selon Le Monde, en 2015 la Chine a drastiquement diminué sa demande de matières premières, de plus de 40% (soit environ 1,2 milliard de dollars) et ses investissements. Par ailleurs, il faut noter une baisse de 43% des importations chinoises en Afrique. Selon le journal Atlantico, les investissements directs chinois en Afrique ont ainsi baissé de 85% en 2015. Si les impacts du ralentissement chinois ne se sont pas encore manifestés, les états africains s’inquiètent des implications de cette tendance baissière.

Il est ainsi certain que la présence chinoise ne peut pas être réduite à son apport bénéfique pour l’Afrique. Il est en effet évident que cette influence également négatif. Il est nécessaire d’intégrer celle-ci dans le contexte du développement soutenable du continent africain afin d’évaluer le rôle de la Chine.

L’effet positif sur l’Afrique ne peut être réduit aux statistiques d’investissements. La Chine a pris la place de l’Occident, dont l’aide décline, pour financer les infrastructures. La Chine permet aux pays africains de conserver leur souveraineté sans imposer d’exigences politiques spécifiques, contrairement à la France et aux Etats-Unis. Quantitativement, près de la moitié de l’aide étrangère chinoise est destinée aux pays africains. Ceux-ci trouvent ainsi un nouvel acheteur pour leurs matières premières et un nouveau partenaire pour leur commerce extérieur.

Les investissements chinois en matière d’infrastructure africaine sont très importants et ont pour objectif d’améliorer les services publics et les infrastructures urbaines, en particulier les routes, chemins de fer, barrages, et l’exploitation hydroélectrique. En 2013 et 2014, les entreprises chinoises ont répondu aux appels d’offres de la Banque Mondiale et participent à la construction d’infrastructures dans 35 pays africains. En 2014, la Banque de Développement Africaine et la Banque Centrale de la Chine ont créé le fond « Africa Growing Together » afin de continuer le financement de l’infrastructure africaine. Les investissements chinois dans les chemins de fer sont particulièrement importants, et ont débuté avec la construction de la voie Tanzanie-Zambie entre 1973-1976. La ligne Addis-Abeba-Djibouti, complètement financée et construite par les Chinois, a été inaugurée le 5 octobre 2016. Ce chemin de fer a coûté 10 milliards de dollars et a pour objectif de désenclaver les économies de l’Afrique de l’Est. Le regard de la Chine se porte désormais sur la construction d’une ligne transafricaine entre Djibouti à l’est et le golfe de Guinée à l’ouest.

La Chine est également présente dans d’autres domaines de la vie africaine : des équipes médicales, dit yiliaodui, ont soigné plus de 170 millions de patients depuis les années 1960. L’armée chinoise participe aux opérations de maintien de la paix, notamment au Liberia et en RDC. Elle contribue aussi à la lutte contre le terrorisme radical. La Chine a également une activité en matière de culture avec trois centres culturels chinois ainsi que 20 Instituts Confucius, dont l’objet est de soutenir la diffusion de la culture et la langue chinoise.

A l’opposé, ce lien étroit avec la Chine enferme l’Afrique dans un cycle de dépendance qui limite son propre développement. Il convient tout d’abord de prendre en compte les implications géopolitiques et géographiques de l’influence chinoise sur le continent africain. Si la Chine obtient un contrôle majeur des secteurs essentiels, comme les services publics et les communications, elle disposera d’une influence politique incontournable. Au niveau écologique, les activités chinoises ont déjà réduit la surface agricole utile, critique pour un continent où le taux de dénutrition bascule parfois entre 34% et 36%, en 2016, selon UNICEF. De plus, la multiplication des pénuries d’eau limite l’irrigation.

L’intervention des grandes entreprises chinoises provoque une concurrence très forte sur les marchés intérieurs africains. En particulier, le prix bas de leurs produits et la disponibilité de la main-d’œuvre chinoise menacent la rentabilité des produits africains et contribue au sous- emploi, un problème historiquement persistant. Même si l’aide chinoise n’impose pas des politiques spécifiques, cette aide reste soumise à conditions, telles que l’obligation d’acheter des biens ou des services chinois. En outre, les taux d’intérêt sont particulièrement élevés, ce qui a pour effet d’accroître dangereusement la dette africaine, notamment vis-à-vis de la Chine, ce qui inquiète certains pays du continent.

Par ailleurs, les marchés africains deviennent dépendants des besoins chinois. Le prix des produits est volatile et déterminé par la demande chinoise. Certains soutiennent pourtant l’idée que la place marginale de l’Afrique dans l’industrie mondiale est uniquement liée à ses propres erreurs politiques et à une rigidité des programmes d’ajustement structurel, et non à l’intervention chinoise.

Le courant dominant de pensée estime toutefois que l’Afrique pourra augmenter sa part de production manufacturière mondiale si elle développe son infrastructure. Les Chinois sont également accusés d’avoir transféré leurs pratiques de non-respect des locaux et leurs coutumes en Afrique.

Enfin, l’échange entre la Chine et l’Afrique reste fondamentalement inégal. Selon le président sud-africain Jacob Zuma, la coopération sino-africaine est « problématique » et « non soutenable ». Cette inégalité nourrit un sentiment antichinois.

La Chine joue un rôle indispensable dans le développement de l’Afrique. D’un côté, la Chine, également en développement, promeut l’essor africain : elle contribue à renforcer l’infrastructure et comble le manque de capitaux. A l’inverse, elle exploite les ressources du continent et la concurrence pour satisfaire ses propres intérêts. Les gouvernements africains restent pour le moment ouverts à l’influence chinoise, estimant que celle-ci leur ouvre des nouveaux circuits commerciaux. Sur le long terme, il est incertain que ce développement soit durable et permette à l’Afrique de devenir autosuffisante. Si la récession chinoise continue, cette dépendance risque de diriger l’Afrique vers l’instabilité. Il est toutefois clair que la présence chinoise a eu une influence conséquente sur la trajectoire de développement africaine et que celle-ci y restera un acteur important dans le futur.

Carte 1: Minerais et hydrocarbures an Afrique
Carte 1: Minerais et hydrocarbures an Afrique
Carte 2: Un continent en travaux
Carte 2: Un continent en travaux
Carte 3: La Chine en Afrique
Carte 3: La Chine en Afrique

Rachel Brock is a junior at UPenn studying International Relations and French. She is the Deputy Online Editor for the SIR Journal.


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Chinois en Afrique : ce qu’ils représentent vraiment

DATA. Les Chinois occupent de plus en plus de place dans l’économie africaine. Une récente étude du cabinet McKinsey en révèle les contours réels.
L'etude de McKinsey Africa revele que la majorite des entreprises presentes en Afrique sont des entreprises privees.
L’étude de McKinsey Africa révèle que la majorité des entreprises présentes en Afrique sont des entreprises privées.  © McKinsey

Par Le Point Afrique Publié le 03/07/2017 à 17h07

En deux décennies, la Chine est devenue le partenaire économique le plus important pour l’Afrique. Non seulement le commerce sino-africain a été multiplié par 20, mais les investissements chinois ont passé la surmultipliée. L’implication de la Chine en Afrique serait donc beaucoup plus importante et plus diverse que ne le suggéraient les études précédentes. C’est un rapport publié fin juin par le cabinet McKinsey Africa qui le révèle. Dans ce rare document, le cabinet américain a plongé dans les chiffres des entreprises tout secteur pour en tirer des enseignements majeurs sur la relation Chine-Afrique.

10 000 entreprises chinoises en Afrique

Il y aurait plus de 10 000 entreprises chinoises implantées en Afrique. Soit quatre fois que les chiffres des estimations précédentes, et environ 90 % d’entre elles sont des sociétés privées opérant dans des secteurs bien diversifiés. « Ces entreprises apportent des investissements en capital, savoir-faire de gestion et énergie entrepreneuriale au continent et, ce faisant, contribuent à accélérer le progrès des économies africaines », note le rapport. Que nous apprennent ces chiffres ? Remettent-ils pour autant en cause le poids de Pékin dans les investissements chinois en Afrique ? Quelle place pour les entreprises publiques ? Quels impacts pour le développement du continent ? Des questions auxquelles le rapport apporte de nouveaux éclairages. Bien que les entreprises publiques aient tendance à être plus importantes, en particulier dans des secteurs tels que l’énergie et l’infrastructure, le nombre total d’entreprises chinoises privées suggère que l’investissement chinois en Afrique est plus complexe qu’il n’y paraît.closevolume_off

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L’étude, intitulée « Comprendre le rythme de l’activité chinoise en Afrique », qui a été menée dans huit pays qui représentent environ les deux tiers du PIB de l’Afrique subsaharienne, constate que « le nombre d’entreprises privées et le montant des investissements qu’elles versent en Afrique augmentent simultanément. » Ce qui fait de la Chine l’un des cinq principaux partenaires de l’Afrique en matière de commerce, d’investissement, d’infrastructure, de financement et d’aide.

https://e.infogram.com/les_principaux_partenaires_economiques_de_lafrique?src=embedLes principaux partenaires économiques de l’Afrique
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Une présence croissante

Les relations Chine-Afrique se sont accélérées au cours des dix dernières années, avec une croissance des échanges d’environ 20 % par an, tandis que les investissements directs étrangers progressent encore plus vite, à un rythme annuel de 40 %. Derrière ces chiffres, une réalité du terrain qui traduit une forte présence des entreprises chinoises. Elles opèrent dans de nombreux secteurs de l’économie africaine. Près d’un tiers sont impliqués dans la production, un quart dans les services et environ un cinquième dans le commerce, la construction et l’immobilier. Dans le secteur manufacturier, 12 % de la production industrielle de l’Afrique, soit environ 500 milliards de dollars par an, sont déjà gérés par des entreprises chinoises. Dans les infrastructures, la domination des entreprises chinoises est encore plus prononcée et elles revendiquent près de 50 % du marché de la construction sur le continent.

Comment s’y prennent les entreprises chinoises en Afrique

Est-ce que ces entreprises sont rentables ? L’étude confirme que près d’un tiers (des entreprises) a déclaré des marges bénéficiaires en 2015. Ces entreprises sont plus réceptives aux changements, et ont déclaré s’adapter plus facilement aux nouvelles opportunités qu’offre actuellement le continent. Sauf dans quelques pays comme l’Éthiopie, où ces entreprises sont principalement tournées vers les besoins d’un marché en forte croissance et donc plus concurrentiel. Ce qui n’empêche pas la plupart des entreprises chinoises de réaliser des investissements qui représentent un engagement à long terme en Afrique plutôt que des activités commerciales ou contractuelles.

Étude McKinsey sur la présence des entreprises chinoises dans huit pays africains entre novembre 2016 et mars 2017. ©  Source : MOFCOM database

Quel impact sur le terrain ?

Est-ce que l’Afrique tire bénéfice de ces investissements ? Les auteurs du rapport sont plutôt affirmatifs : « Dans l’ensemble, nous croyons que la participation croissante de la Chine en Afrique est fortement positive pour les économies, les gouvernements et les travailleurs africains. » Les trois principaux avantages pour l’Afrique des investissements et de l’activité commerciale de la Chine sont la création d’emplois et le développement de compétences, avec plusieurs millions d’Africains employés ainsi, le transfert de connaissances et de nouvelles technologies, enfin le financement et le développement d’infrastructures.

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Cependant, la réalité des échanges entre l’Afrique et la Chine révèle aussi ces défis. Les auteurs de l’étude ont noté notamment que seuls 47 % de l’approvisionnement des entreprises chinoises provient de sociétés africaines locales. Seulement 44 % des gestionnaires locaux des entreprises chinoises sont africains ! L’étude pointe aussi du doigt les sociétés chinoises dans des violations du travail et de l’environnement. Ces points faibles traduisent surtout les nuances qui existent dans l’approche des relations de certains pays africains avec la Chine. C’est le cas de l’Éthiopie et l’Afrique du Sud qui ont une position stratégique claire à l’égard de la Chine. Par exemple, les deux pays ont traduit leurs stratégies nationales de développement économique en initiatives spécifiques liées à la Chine et ont également développé des relations importantes avec les provinces chinoises et avec Pékin. En conséquence, la Chine considère ces pays africains comme de véritables partenaires. Dans le cas de l’Angola et de la Zambie, l’engagement avec la Chine a été étroitement concentré par les pouvoirs en place. Pour l’Angola, le gouvernement a fourni du pétrole à la Chine en échange du financement chinois et de la construction de grands projets d’infrastructure, mais les investissements privés axés sur le marché par les entreprises chinoises ont été limités par rapport à d’autres pays africains. Seulement 70 à 75 % des entreprises chinoises en Angola sont privées, contre environ 90 % dans d’autres pays. Le cas de la Zambie est le contraire : il y a eu des investissements majeurs dans le secteur privé, mais pas suffisamment de contrôle des autorités dans la réglementation.

Quid de l’avenir ?

Devant cette réalité diverse, les analystes de McKinsey ont fait un certain nombre de recommandations autour de deux scénarios. Dans le premier, ils prévoient un accroissement des revenus des entreprises chinoises en Afrique jusqu’à environ 250 milliards de dollars en 2025, contre 180 milliards de dollars aujourd’hui. Ce scénario voudrait que les deux partenaires poursuivent leur relation au rythme actuel, avec des investissements massifs dans les secteurs clés. Dans le second scénario, les entreprises chinoises en Afrique accélérent considérablement leur croissance en se développant de manière plus offensive sur de nouveaux marchés. Dans ce cas, elles répliqueraient en Afrique les recettes qui ont fait le succès de la Chine.

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