Chán chuyện “cám lợn bầu cử Mỹ” đọc chuyện rượu nho của Tây/fatigué des problèmes des États désunis d’ Amérique lisez “la vie,la mort et la renaissance d’un vignoble #1 Francais :le vin d’orléans-Le Point

Vie, mort et renaissance d’un vignoble #1 : le vin d’Orléans

Plus que les maladies, la cupidité a bien souvent causé la perte de vins pourtant de haute réputation comme dans l’Orléanais.

Par Jacques Dupont

Modifié le 14/04/2020 à 11:3 Le Point.fr 

Vie, mort et renaissance d'un vignoble #1 : le vin d'Orleans
© vinsvaldeloire.fr

Laon, Soissons, Orléans, Issoudun…, autant de noms de villes qui, au Moyen Âge ou même plus tard, évoquaient surtout pour les habitants du royaume de Francedes vins et des vignobles. Certains ont totalement disparu, comme celui de Le Blanc dans l’Indre ; d’autres, comme Orléans ou Saint-Pourçain, ont survécu tout en perdant beaucoup de leur prestige passé.

Au commencement, comme souvent, il y a une abbaye et des moines. Celle-ci est fondée par Saint-Mesmin en Loire et Loiret à l’emplacement de l’actuelle commune Saint-Pryvé-Saint-Mesmin. C’est Clovis lui-même qui fait don à la communauté de bâtiments et quelques terres.

L’affaire se déroule vers 510, autant dire que c’est de l’ancien garanti. Dès le VIIe siècle, des textes vantent l’excellence des vins qu’on y produit à partir du cépage auvernat, un des nombreux pseudos du pinot noir ou plutôt d’un des membres de la famille pinot noir qui comptait beaucoup de cousins.

Lire aussi Les nouveaux eldorados du pinot noir

À partir du Xe siècle et jusqu’à la fin du Moyen Âge, le vin d’Orléans est considéré comme l’un des meilleurs de France, à l’égal de celui de Bourgogne, c’est-à-dire d’Auxerre et de ses environs, qui, grâce à l’Yonne, peut facilement atteindre Paris. On désigne alors par vins de Beaune ceux de la Côte-d’Or, dont la renommée viendra principalement des papes installés en Avignon, qui les apprécient grandement et en reçoivent livraison grâce à la Saône et au Rhône.

Pour les vins d’Orléans, c’est par la route qu’ils gagnent Paris, une des plus belles et des mieux entretenues de France, entièrement pavée sur toute la distance. Mais ils ont d’autres clients et disposent d’une situation stratégique. Les pays et les villes du Nord s’enrichissent à partir du XIIe siècle et les échanges se multiplient.

Vingt lieues sous l’amer : la cruelle décision du Parlement de Paris…

Les rois capétiens ont fait de la ville leur « résidence ordinaire », comme le souligne Roger Dion, le grand historien de la vigne et du vin, et considèrent le vin qu’on y produit comme une de leur privauté.

Mais ce sont surtout les grands bourgeois de la ville qui en détiennent le commerce, veillent à punir les fraudes et le font prospérer… Jusqu’en 1577, précisément. C’est à cette date, en effet, le 14 août, qu’à la suite de plaintes des « jurés contrôleurs » chargés de veiller à ce que les cabaretiers s’approvisionnent au marché légal qu’ils surveillaient et dirigeaient, un arrêté est pris par le Parlement de Paris.

Trop de ces débiteurs de vins préféraient se fournir dans les vignobles de banlieue, où ils payaient moins cher, évitaient les taxes et, le plus souvent, achetaient des vins de très basse qualité et pour le moins bricolés… Désormais, obligation est faite d’acheter au marché officiel.

Quant à leurs fournisseurs, ils devront d’aller chercher leur vin plus loin, au-delà de 20 lieues… La règle des 20 lieues (un peu moins de 100 km), qui va perdurer deux siècles, épargne, si l’on peut dire, Orléans, située à un peu plus de 100 kilomètres. Mais ce n’était guère rendre service à ce vignoble. Rendu encore plus facile d’accès après le creusement du canal de Briare, il devenait la piste privilégiée pour se fournir rapidement.

De Bercy en Scylla : une lente dégringolade

« La cupidité du négoce poussa les vignerons à produire davantage », écrit Marcel Lachiver, également historien de la vigne et du vin. « Non seulement on les incita à délaisser le pinot noir, mais on proposa le teint, alias le teinturier du Cher, pour le remplacer et l’on utilisa ce même cépage pour donner de la couleur aux vins blancs de médiocre qualité. »

La suite, on la devine : de Charybde en Scylla. Une dégringolade impressionnante. En parallèle, les débuts prometteurs de ce que Lachiver appelle « l’alchimie parisienne », c’est-à-dire le tripatouillage des vins de consommation courante, dont plus tard Bercy, quartier en bord de Seine, sera l’épicentre.

À Bercy, où désormais le sport et le tourisme vont de pair, ont transité de grands vins mais aussi de drôles de picrates. On peut en retrouver quelques effluves dans Casse-pipe à la nation, le roman de Léo Malet superbement mis en image par Tardi. Une autre histoire…

Dès 1650, Orléans a perdu une grande part de sa clientèle on dirait haut de gamme aujourd’hui, et notamment les marchés étrangers. Du vaste vignoble qui s’étendait sur une trentaine de villages autour de la ville, il ne reste plus grand-chose à la fin du XIXe siècle.

Un grand vin peut-il naître et durer sur de la terre à céréales ?

En 2006, l’AOC orléans pour les blancs et l’AOC orléans-cléry pour les rouges ont permis à la région de maintenir une activité viticole sur une centaine d’hectares, des sols essentiellement sableux. « Les vins sont honnêtes, voire étonnants pour certains, et franchement destinés à être bus avec plaisir à table au quotidien », notait en 2006 Laure Gasparotto dans Le Point.

Des vins de plaisir qui n’ont cependant plus rien à voir avec la forte notoriété dont ils jouissaient au Moyen Âge et qui laissait Roger Dion perplexe : « Ce n’est pas l’un des traits les moins étonnants de l’histoire vinicole de la France qu’un tel résultat ait pu être obtenu sur de plates étendues de labours, où la vigne ne trouve ni reliefs pour la protéger des vents froids ni cailloux pour accentuer l’effet du rayonnement solaire. »

À croire que, dans le dilemme qui oppose terroir et facilité de commerce et de transport, ce fut cette dernière qui l’emporta. « Si n’êtes en lieu pour vendre votre vin, que feriez-vous d’un grand vignoble ? » notait en 1600 dans son théâtre d’Agriculture l’agronome Olivier de Serres… La Romanée-Conti, sur le plateau de Millevaches, aurait sans doute connu un autre destin…

Roger Dion, Histoire de la vigne et du vin en France, éditions du CNRS.

Marcel Lachiver, Vins, vignes et vignerons : histoire du vignoble français,Fayard.

Victor Drouin, Octave Charpentier, Bercy, cellier du monde, éditions La Caravelle 1928 (un témoignage très lunettes roses sur l’activité de Bercy, intéressant pour l’atmosphère).

(à suivre)

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