cuộc gặp gở của cố chủ biên ParisMatch,Olivier Royant với tỷ phú Đại Xì Trum(Donald Trump)vào năm 1989:Je ne pourrais jamais m’offrir la tour Eiffel”

Donald Trump, son premier rendez-vous avec Match 

Paris Match |Publié le 05/01/2021 à 21h00 |Mis à jour le 06/01/2021 à 18h38 

Olivier Royant

Donald Trump en 1989 devant son Puma, son jouet favori.
Donald Trump en 1989 devant son Puma, son jouet favori: “C’est le plus bel hélicoptère du monde. J’adore le regarder. Il vient de France.” Yan Gamblin/Paris Match

En 1989, Olivier Royant, directeur de la rédaction de Paris Match décédé le 31 décembre, avait rencontré Donald Trump pour le tout premier rendez-vous du milliardaire avec Paris Match.

Directeur de la rédaction de Paris Match, Olivier Royant s’est éteint le 31 décembre 2020. Pour lui rendre hommage, nous vous proposons de redécouvrir les entretiens et les reportages qui ont marqué sa carrière.

En 1989, Olivier Royant avait rencontré Donald Trump pour le tout premier rendez-vous du milliardaire avec Paris Match. A 42 ans, le futur président américain dirigeait alors la plus grosse firme immobilière au monde et partait à l’assaut d’Atlantic City. Lui et son épouse formaient le couple le plus flamboyant du New York des années 80…

Voici l’interview de Donald Trump par Olivier Royant, telle que publiée dans Paris Match en 1989.


Paris Match n°2090, 15 juin 1989

Donald Trump : “Je ne pourrais jamais m’offrir la tour Eiffel”

Interview Olivier Royant

Ils forment le couple le plus flamboyant de la cité la plus folle du monde. A New York, personne n’égale les Trump. Donald dirige, a quarante-deux ans, la plus grosse firme immobilière du monde. Dans Manhattan, où le sol vaut plus cher au centimètre carré que la peinture de Rembrandt, il possède une centaine de buildings. Mais son empire s’étend bien au-delà de Wall Street. Propriétaire d’une compagnie d’aviation et de l’ensemble des casinos d’Atlantic City, Donald Trump laisse volontiers dire qu’il pourrait se lancer un jour dans la course à la Maison-Blanche. C’est donc avec un couple incarnant le capitalisme le plus mirobolant que Paris Match poursuit sa promenade aux Etats Unis chez les souverains de la planète Dollar.

7h 30, il faut environ huit minutes pour parcourir les trente blocs qui séparent la Trump Tower de l’héliport de la 60e Rue. Et, ce matin, le Puma rutilant, noir et sang, a attendu moins de trente secondes sur le minuscule rectangle de béton. A l’heure où les New-Yorkais s’agglutinent désespérément sur le S. b.r., la voie express qui borde Manhattan, Donald Trump s’envole vers son royaume d’Atlantic City. Acheté l’an dernier deux millions de dollars, ce seul Puma français aux Etats-Unis est son jouet préféré. Certains milliardaires ont la richesse morose et anonyme. Trump, lui, affiche son nom partout en lettres d’or : Trump Tower, Trump Plaza, Trump Air, « Trump Princess »… Le gros hélicoptère s’élève au-dessus du Brooklyn Bridge. Sur la droite, Manhattan dresse ses grandes orgues. Né du mauvais côté de la rivière, à Brooklyn, fils d’un promoteur immobilier, Trump peut se sentir aujourd’hui chez lui à Manhattan. Depuis cinq ans, il modèle la ville comme un gros jeu de « Lego ».

Paris Match. Connaissez-vous le montant exact de votre fortune?
Donald Trump.Non. Selon les magazines, elle varie d’un à quatre milliards de dollars. Je pense que personne ne connaît ce chiffre avec précision car il est impossible d’estimer la valeur exacte d’un bien avant de l’avoir vendu.

Vous arrive-t-il d’envisager la vie comme un jeu?
Ma vie est un jeu de Monopoly grandeur réelle et c’est excitant.

Ma vie est un jeu de Monopoly grandeur réelle

Cela signifie-t-il que vous pouvez tout perdre?
Oui. C’est pour cela qu’il faut être très prudent. En affaires, je suis beaucoup plus prudent que les gens ne se l’imaginent.

8 h 50. New York est déjà loin. L’« Ivana » se pose sur le toit du Trump Castle, l’un des trois hôtels-casinos de Donald Trump à Atlantic City. Première réunion de la journée. Le sujet : la fin des travaux du « Taj Mahal », l’énorme casino dont l’ouverture est prévue pour le début 1990. Une heure plus tard, direction la grande salle des fêtes où Donald Trump inspecte l’avancement des travaux. Le « Crystal Ballroom », aux ornements rococo et aux lustres géants, capable de contenir vingt terrains de tennis, est une fourmilière. On achève les dorures du plafond. Trump demande qu’on éclaircisse la couleur de la peinture, dédicace son livre à un ouvrier du chantier, a une parole gentille, dans les couloirs du casino, pour les mamies de l’Ohio venues s’étourdir au son des machines à sous et qui, maintenant, font la course à l’autographe. Elles n’en reviennent pas de voir un milliardaire si beau. « On dirait un acteur de cinéma », murmure l’une d’elles.

Comment expliquez-vous que les milliardaires soient devenus les stars de la fin des années 1980?
Si certains milliardaires sont devenus des stars, c’est peut-être aussi parce qu’aujourd’hui, aux Etats-Unis, les acteurs n’en sont plus.

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Trois casinos à Atlantic City une centaine d’immeubles à New York, cela doit vous donner bien plus de pouvoir que beaucoup de politiciens américains?
Le pouvoir reflète la manière dont vous utilisez votre influence. Les affaires donnent un sentiment de longévité que les politiciens ignorent parce que leur mandat est beaucoup trop court. Le pouvoir. C’est de savoir que vous serez encore là quand d’autres n’y seront déjà plus.

12 heures. Un cortège, toutes sirènes hurlantes, fonce dans la rue principale d’Atlantic City. Cinq motards ouvrent la voie à une procession de trente limousines : un cortège plus long que celui du président des Etats-Unis.

Pensez-vous qu’un jour, cette ville s’appellera Trump City?
Non. Il ne faut pas que cela arrive. La ville rapporte énormément d’argent mais c’est une ville en trompe-l’œil où des casinos de cinq cents millions de dollars surplombent de vrais bidonvilles.

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Y a-t-il au monde quelque chose qui vous ferait très plaisir et que vous ne pourrez jamais vous offrir?
Je ne pourrai jamais m’offrir la tour Eiffel, une œuvre d’art que j’admire par-dessus tout. Je suppose qu’on ne voudra jamais me la vendre. Je me trompe?

Avez-vous le sentiment, parfois, que les gens attendent avec impatience l’instant où vous allez chuter?
Absolument. Nombreux sont ceux qui aimeraient me voir tomber. Cela ne fait aucun doute, même parmi ceux qui se disent mes amis. Mais je ne leur donnerai pas ce plaisir. C’est pour celte raison que je suis si prudent en affaires.

Ivana Trump en 1989. Elle est la première femme de Donald et lui a donné 3 enfants: Donald Junior, né en 1977, Ivanka, née en 1981, et Eric, né en 1984. Ils divorceront l'année suivante.
Ivana Trump en 1989. Elle est la première femme de Donald et lui a donné 3 enfants: Donald Junior, né en 1977, Ivanka, née en 1981, et Eric, né en 1984. Ils divorceront l’année suivante. © Yan Gamblin/Paris Match 

La présidence des Etats-Unis ? “Un jour peut-être…”

Quel serait, pour vous, aujourd’hui, le plus grand défi?
Diriger la plus grosse firme immobilière privée au monde est un défi de tous les instants. Je voudrais construire la plus haute tour sur terre.

Et la présidence des Etats Unis… ?
Je pense avoir un bon contact avec les Américains, Un jour, peut-être je me déciderai mais pas pour le moment.

Mrs. Trump ne serait-elle pas une charmante First lady?
A New York, elle a déjà imprimé son style. Elle dirige l’hôtel Plaza où elle a accompli un travail extraordinaire.

Est-il vrai qu’elle touche le salaire le plus bas de l’empire Trump?
Un jour, j’ai dit à un journaliste du «New York Times» que je la paierais un dollar par an et toutes les robes qu’elle voudrait. Cette confidence, publiée, m’a valu les foudres de plusieurs organisations féministes.

Ancien top-model, championne de ski tchécoslovaque, Ivana a décroché à Montréal la plus belle des médailles d’or en rencontrant Donald Trump. Reconvertie dans les affaires, elle est aujourd’hui, à trente-sept ans, l’un des atouts de charme de l’empire Trump. Il est 16 h 30. Son mari est de retour dans son bureau du vingt-sixième étage de la Trump Tower qui domine l’hôtel Plaza.

N’avez-vous jamais songé à vous retirer avec tout votre argent ?
Non, pas un instant. Prendre sa retraite, c’est mourir. A 42 ans, je suis le plus jeune dans le club des milliardaires et je ne veux même pas y penser!

Vous vous imaginez un jour vieux comme Howard Hughes, enfermé au sommet de l’une de vos tours d’ivoire ?
Je crois savoir pourquoi Howard Hughes s’est isolé du monde. Il ne pouvait plus faire un pas sans qu’on lui intente un procès pour pouvoir lui prendre un peu de son argent. Il y a trop d’avocats dans cette ville. Je ne crois pas que cela m’arrivera mais tout est possible…

De son bureau directorial, Donald Trump domine maintenant une ville endormie. Il peut monter, l’âme tranquille tout au sommet de sa tour de marbre et de verre, dans le triplex où réside la famille Trump. Là-haut, il oublie les rumeurs de la ville. Le bruit des taxis qui foncent sur la 5° Avenue ne vient jamais troubler le sommeil de cet autre maitre de l’univers.

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