Một thầy giáo dạy sử bị kẻ cực đoan Hồi Giáo chặt đầu ở Pháp !!Le Monde

Attentat de Confla

ns : ce que l’on sait de l’enquête au lendemain de l’assassinat d’un enseignant

Selon les informations du « Monde », une note récente du renseignement faisait état, après plusieurs jours de tension, d’un climat « apaisé » au collège du Bois-d’Aulne. Parmi les gardés à vue se trouve un militant islamiste très actif.

LAURENCE GEAI POUR « LE MONDE »

L’Elysée a annoncé, samedi 17 octobre, qu’un « hommage national » serait rendu à Samuel Paty, l’enseignant décapité vendredi dans les Yvelines. Cet hommage aura lieu mercredi 21 octobre et sera organisé en coordination avec la famille, a précisé la présidence de la République. Emmanuel Macron s’était rendu dès vendredi soir sur les lieux de l’attaque, à Conflans-Sainte-Honorine, où il avait dénoncé un « attentat islamiste caractérisé ».

En attendant, plusieurs rassemblements s’organisaient dans différentes villes de France, dont un à Paris, place de la République dimanche à 15 heures, à l’appel de plusieurs associations de lutte contre le racisme et de syndicats d’enseignants. Un conseil de défense, présidé par le président de la République, doit se tenir durant le week-end, selon les informations d’une source proche de l’exécutif données à l’Agence France-Presse.

Au lendemain du drame, de nombreuses personnes ont rendu hommage à Samuel Paty. Les fleurs s’amoncelaient devant le collège du Bois-d’Aulne, élèves et parents se succédant en silence pour déposer une rose blanche au pied des grilles et brandissant quelques affichettes « Je suis enseignant ». A l’intérieur de l’établissement, une cellule psychologique a été mise en place. Le point sur ce que l’on sait. Lire le reportage :

L’effroi des habitants de Conflans-Sainte-Honorine après le meurtre d’un enseignant, décapité « par un monstre »

  • Que s’est-il passé ?
Infographie Le Monde

Il était aux alentours de 17 heures, vendredi, quand un équipage de policiers municipaux découvre un homme sans vie, horriblement mutilé, près du collège du Bois-d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine. A ses côtés se trouve un individu visiblement agité. Celui-ci commence par s’enfuir vers la commune limitrophe d’Eragny (Val-d’Oise), mais il est rattrapé par une patrouille de la brigade anticriminalité. Et alors qu’il aurait menacé les forces de l’ordre avec une arme de poing de type Airsoft en criant « Allahou Akbar ! », il est tué de dix tirs de riposte.

L’arme du crime est un long couteau de boucher d’une trentaine de centimètres. L’assaillant l’a abandonné près du corps de sa victime avant de prendre la fuite. Sur son cadavre, les enquêteurs ont ensuite découvert un deuxième couteau.

Selon le procureur national antiterroriste, l’auteur des faits se trouvait devant le collège durant l’après-midi et avait sollicité des élèves afin de lui désigner la future victime. Article réservé à nos abonnés Lire aussi

Après l’attentat de Conflans, le choc des professeurs : « Ce que je crains, demain, c’est l’autocensure dans le monde enseignant »

  • Que sait-on du meurtrier ?
A Conflans-Sainte-Honorine, le 16 octobre. Non loin du collège, la zone est quadrillée par la police.
A Conflans-Sainte-Honorine, le 16 octobre. Non loin du collège, la zone est quadrillée par la police. LAURENCE GEAI POUR « LE MONDE »

L’auteur de l’attentat, Abdoullakh Abouyezidvitch A., demeurait à Evreux (Eure) et n’était pas un élève du professeur tué. Il n’était pas non plus scolarisé dans le collège du Bois-d’Aulne ou un lycée voisin. Russe d’origine tchétchène, il est né en 2002 à Moscou et bénéficiait du statut de réfugié. L’homme n’était pas connu pour radicalisation par les services de renseignement. Il était seulement connu pour des faits relatifs à une dégradation en réunion, qui remonte à l’année 2016. Il n’avait plus de liens avec Moscou depuis 2008, a relevé samedi l’ambassade de Russie, citée par les agences russes.

Un message de revendication a été publié sur un compte Twitter, vendredi, quelques minutes après le drame. Un compte sous le pseudonyme @Tchetchene_270 sur lequel apparaissait une photo de la tête décapitée du professeur avec le message : « Au nom d’Allah, le tout miséricordieux, le très miséricordieux, (…) à Macron, le dirigeant des infidèles, j’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer qui a osé rabaisser Muhammad, calme ses semblables avant qu’on ne vous inflige un dur châtiment. »

Le procureur a confirmé samedi que ce compte appartenait bien à l’assaillant. La première exploitation de son téléphone par les enquêteurs a permis de découvrir le texte du message, enregistré dans le bloc-notes de l’appareil à 12 h 17, ainsi que la photographie de la victime, prise à 16 h 57. Twitter a supprimé vendredi le compte de l’assaillant ainsi que les messages d’autres internautes partageant la photo macabre. L’image a néanmoins circulé sur d’autres plates-formes et était toujours accessible samedi en début d’après-midi. Elle a aussi continué à circuler dans des versions floutées, sur Twitter. Le compte Twitter @Tchetchene_270 publiait régulièrement des extraits du Coran et vilipendait les « mécréants ». Il signalait, dans sa phrase de présentation : « Pas de femme en mention ni DM » (un « DM » est un message privé).

Samedi soir, le président tchétchène Ramzan Kadyrov a publié un long texte sur la messagerie Telegram. Si, en toute fin de message, il « condamne » cet attentat et se dit opposé « à toute forme de terrorisme », l’essentiel est une leçon adressée à la France. M. Kadyrov, qui pratique dans sa République un mélange de pratique de l’islam rigoriste et de lutte contre le djihadisme, qualifie les caricatures de Mahomet et leur présentation dans une classe de « provocation ». « La société française parle de démocratisme (sic) mais a une attitude inadmissible envers les musulmans », écrit-il. En 2015, après l’attentat contre Charlie Hebdo, M. Kadyrov avait fait manifester des centaines de milliers de personnes contre les caricatures, à Grozny.

« Ce n’est pas la première fois que la France se décharge de tous ses problèmes sur les Tchétchènes », estime-t-il encore, chose d’autant plus inacceptable que le terroriste « a passé l’essentiel de sa vie en France », ne visitant la Tchétchénie qu’une seule fois, à l’âge de 2 ans. « Abdoullakh A. a grandi avec des Français, parlé et écrit dans leur langue. Et il a sans doute agi en conscience, en prenant en compte le fait que cet Etat n’écoute pas les croyants. »

  • Que sait-on de la victime ?

La victime, Samuel Paty, âgé de 47 ans et père d’un enfant, avait tenu un cours, début octobre, sur la liberté d’expression, pendant lequel il avait montré des caricatures de Mahomet. Ce cours avait fait polémique au sein de son établissement. Les récits divergent sur ce qui est précisément survenu en classe. Mais l’épisode a suscité de tels remous chez certains parents d’élèves qu’une plainte, dans laquelle était notamment reprochée la diffusion d’images pédopornographiques, a été déposée, début octobre. Plainte qui avait conduit à un certain nombre d’auditions mais pas à celles du père plaignant et de sa fille, qui finalement n’ont pas répondu aux convocations, comme l’a indiqué le procureur lors de son point presse.

Selon nos informations, l’affaire a été aussi prise en charge par le renseignement territorial (RT). Une note est bien parvenue auprès des autorités compétentes, en début de semaine dernière, avec un récit complet des tensions au sein du collège. Mais cette note n’était pas alarmante et décrivait un climat finalement « apaisé », d’après une source proche du dossier.

Selon ce document classifié, il était notamment raconté comment l’éducation nationale avait très vite entendu le professeur après l’émoi suscité par son cours, entendu aussi les élèves et des parents et plusieurs réunions avaient eu lieu sur le sujet. L’enquête avait conclu que Samuel Paty avait agi de manière « appropriée » et les tensions s’étaient calmées au sein de l’établissement. Une actualisation de cette note a ensuite été effectuée, en mentionnant que Samuel Paty avait, quelques jours plus tard, porté plainte à son tour pour diffamation.

Or ces notes semblent avoir sous-estimé l’impact qu’allaient avoir en parallèle des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux par le père d’une élève ayant assisté au cours. Sur l’une d’elles, diffusée sur Facebook, le 8 octobre, le père de cette jeune fille âgée de 13 ans qualifie l’enseignant de « voyou », puis il décrit comment, selon lui, Samuel Paty aurait demandé à ses élèves de confession musulmane de quitter la salle de classe après leur avoir demandé de lever la main pour se signaler. Version contredite par l’enquête interne au collège. Dans ce post, le parent d’élève incite « à dire stop ».

Selon le procureur, le 12 octobre, une seconde vidéo était publiée sur YouTube. Une tierce personne y précisait que le président Macron « avait attisé la haine vis-à-vis des musulmans ». Cet homme demandait l’exclusion de l’enseignant et menaçait de manifester devant le collège et l’inspection académique. La principale du collège faisait d’ailleurs état de nombreux appels menaçants reçus par le collège, à la suite de la publication des vidéos.

A Conflans-Sainte-Honorine, dans les  Yvelines, le 16 octobre. La zone du crime est inaccessible, certains habitants ont du mal à rentrer chez eux, comme cet homme qui habite dans la rue.
A Conflans-Sainte-Honorine, dans les  Yvelines, le 16 octobre. La zone du crime est inaccessible, certains habitants ont du mal à rentrer chez eux, comme cet homme qui habite dans la rue. LAURENCE GEAI POUR « LE MONDE »
  • Qui sont les personnes placées en garde à vue ?

A ce stade des investigations, dix personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, selon le procureur Jean-François Ricard. Quatre personnes issues de l’entourage familial direct de l’auteur des faits ont été placées en garde à vue hier soir, deux personnes s’étant présentées spontanément, en fin de soirée au commissariat d’Evreux, et qui ont indiqué avoir été en contact avec l’auteur peu avant les faits.Une nouvelle personne a été placée en garde à vue samedi soir dans cette enquête ouverte pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

Parmi les personnes arrêtées figure le père de l’élève qui avait diffusé la vidéo. La demi-sœur de cet homme avait rejoint l’organisation Etat islamique en 2014 en Syrie et fait à ce titre l’objet d’un mandat de recherche par un juge d’instruction antiterroriste.

Enfin, l’une des dernières personnes actuellement placées en garde à vue est un homme apparaissant sur des vidéos en compagnie du père de l’élève plaignante au collège ainsi que sa compagne, qui ont été interpellés ce matin à Evry (Essonne). Cet homme, très connu des services de renseignement, est Abdelhakim Sefrioui, un militant islamiste très actif en région parisienne depuis la fin des années 1980. Selon nos informations, Abdelhakim Sefrioui a, dès le début des tensions, accompagné le père de famille de l’élève de 13 ans pour se plaindre auprès de l’établissement scolaire. Et dans la vidéo où il apparaît, il prend la défense de ce dernier en disant agir au nom du Conseil des imams de France (CIF), dont il est membre du bureau.

Selon les investigations du Monde, M. Sefrioui aurait toutefois un statut plus ambigu au sein de l’association. Joint par téléphone, le secrétaire général du CIF, Dhaou Meskine, prend ses distances : « Le Conseil des imams de France n’a pas autorisé M. Sefrioui à parler en son nom. Il y a cinq ans qu’on a arrêté de travailler avec lui. Nous avions des divergences de méthode. » M. Sefrioui demeure membre du bureau, qui n’a pas été dissous, « en attendant la restructuration de l’association, qui est en cours », ajoute le secrétaire général.

  • « Ce sont les valeurs les plus fondamentales de la République qui sont touchées »

L’assassinat de l’enseignant du collège du Bois-d’Aulne a provoqué une onde de choc en France et une vague d’indignation parmi les responsables politiques, tous bords confondus. « Ils ne passeront pas. L’obscurantisme ne gagnera pas », a martelé, dès vendredi soir, Emmanuel Macron. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Attentat de Conflans : Emmanuel Macron appelle à « faire bloc » mais doit faire face aux critiques

Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, recevait samedi matin avec le premier ministre, Jean Castex, les syndicats d’enseignants à son ministère et a adressé un message vidéo à « tous les professeurs de France » pour leur rappeler que l’Etat est à leur côté « pour les protéger ».

A l’Assemblée nationale vendredi, les députés se sont levés pour « saluer la mémoire » du professeur et dénoncer un « abominable attentat ».

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a vivement dénoncé cet attentat : « Face à ceux qui cherchent une raison à ce crime ignoble en évoquant les caricatures du prophète de l’islam, nous réaffirmons que rien, absolument rien, ne saurait justifier l’assassinat d’un homme ». « Notre communauté est horrifiée comme tous les Français par cet incident », a également souligné dans un communiqué l’Assemblée des Tchétchènes d’Europe, sise à Strasbourg, rappelant « qu’aucune communauté ne peut être tenue pour responsable pour tous les actes isolés de ses ressortissants ».

EXTRA

Để lại lời nhắn

Mời bạn điền thông tin vào ô dưới đây hoặc kích vào một biểu tượng để đăng nhập:

WordPress.com Logo

Bạn đang bình luận bằng tài khoản WordPress.com Đăng xuất /  Thay đổi )

Google photo

Bạn đang bình luận bằng tài khoản Google Đăng xuất /  Thay đổi )

Twitter picture

Bạn đang bình luận bằng tài khoản Twitter Đăng xuất /  Thay đổi )

Facebook photo

Bạn đang bình luận bằng tài khoản Facebook Đăng xuất /  Thay đổi )

Connecting to %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.