Theo dấu(tiểu thuyết)”Người tình”-L’amant/The lover-của nhà văn nữ Pháp Marguerite Duras/Sur les traces de “L’amant” de Marguerite Duras-ParisMatch

Sur les traces de “L’Amant ” de Marguerite Duras 

Paris Match | Publié le 28/05/2019

 Romain Clergeat

Sur les traces de "L’Amant " de Marguerite Duras
Sur les traces de “L’Amant ” de Marguerite Duras Francine Kreiss/Paris Match

Au cours de cette croisière sur le Mékong, une escale dans une petite ville du Vietnam nous conduit dans la demeure où vivait le premier amour de Marguerite Duras. Une ambiance surannée et un brin érotique conforme au livre. Et aux images du film… 

on nom était Huynh Thuy Lê, mais le monde entier le connaît sous le nom de « l’Amant ». C’est à Sa Dec, dans cette petite ville du delta du Mékong, que lui et Marguerite Duras se sont rencontrés. « C’est le passage d’un bac sur le Mékong. L’homme élégant est descendu de la limousine. Il fume une cigarette anglaise. Il regarde la jeune fille au feutre d’homme et aux chaussures d’or. Il vient vers elle, lentement. C’est visible, il est intimidé. » Le bac n’existe plus. En lieu et place du vieux rafiot de métal, un pont neuf et sans âme. Tout autour pourtant, l’univers de Duras est toujours là. Les rues vibrionnantes de l’Asie, les étals de marchés multicolores, les vestiges architecturaux de la colonisation française, et puis cette maison d’un style étonnant. Subtil mélange d’art vietnamien, chinois et français. Située au 225A, rue Nguyen-Huê, là où vivait la riche famille de l’Amant.

Marguerite Duras n’est jamais venue ici ! Mr. l’Amant ne l’y a jamais amenée !

Sitôt passé le jardin puis la véranda, l’imagination galope. Au détour d’une porte, on aperçoit une moustiquaire, une table de nuit à travers le voilage et un lit. Le lit où les amants s’aimèrent avec une telle intensité. Du moins le pense-t-on… Avant qu’une jeune Vietnamienne travaillant ici nous avertisse en souriant devant nos yeux brillants : « Ah, mais non non non… Vous savez, Marguerite Duras n’est jamais venue ici ! Mr. l’Amant ne l’y a jamais amenée ! » avant de repartir en gloussant discrètement comme le font les Asiatiques dès qu’une conversation s’aventure sur le terrain des sentiments. 

L’entrée de la maison. Ci-dessous, l’étal d’un libraire de Saigon : Duras est omniprésente.
L’entrée de la maison. Ci-dessous, l’étal d’un libraire de Saigon : Duras est omniprésente. © Francine Kreiss/Paris Match 

Si Marguerite Duras n’a pas connu l’amour charnel dans cette maison, elle a bien vécu durant trois ans à Sa Dec, où sa mère était directrice d’école. Et si l’Amant préférait abriter leurs amours dans des demeures discrètes de Saigon, c’est parce qu’il savait que la relation d’un Vietnamien de 28 ans et d’une Française de 15 n’était du goût de personne. A commencer par son père, qui finira par le forcer à épouser une jeune Vietnamienne. C’est pourtant devant cette maison qu’il regardera, le cœur serré, s’éloigner le bateau emportant Marguerite Duras vers la France.

L’Amant est mort en 1972 et est enterré à Sa Dec. Trois ans après sa disparition, le pouvoir vietnamien communiste réquisitionnait la demeure pour en faire un… commissariat. Mais le succès mondial du livre de Marguerite Duras a fini par faire plier le pouvoir, qui a sagement préféré le tourisme au respect de l’ordre. La maison est désormais un musée, harmonieusement agencé, sans ostentation, pour mettre dans l’ambiance du film et réussir la gageure, alors qu’on les sait vains, de ne rien gâcher de nos fantasmes. Les amants n’y ont jamais fait l’amour, pourtant, on jurerait sentir leur présence entre ces draps… 

Des temples d’Angkor au delta du Mékong

S’il est un fleuve sur lequel la langueur est de rigueur, c’est bien le Mékong. Après la magnificence désormais surpeuplée des temples d’Angkor, cette croisière embarque sur le lac Tonlé. Commence alors le défilé des paysages si apaisants du Cambodge et des villages où le monde moderne reste pour l’instant à l’orée. Bien sûr, une pagode ressemble souvent à la précédente, les rizières aussi, mais impossible de se lasser devant ces étendues d’émeraude. L’étape de Phnom Penh fait plonger dans la nostalgie. On essaie d’oublier la circulation infernale dans ses rues davantage faites pour les deux-roues que pour les 4 x 4, pour imaginer le temps des comptoirs et combien la vie ici devait être merveilleuse. L’architecture française commence à se faire toute petite, entourée d’immeubles de verre flambant neufs, donnant parfois à Phnom Penh des airs de mini-Shanghai.

Les temples d’Angkor.
Les temples d’Angkor. © Francine Kreiss/Paris Match 

A bord de l’« Indochine II », où l’omniprésence du bois se marie idéalement avec la quiétude environnante, on poursuit les méandres du fleuve jusqu’à Hô Chi Minh-Ville, anciennement Saigon. L’ancienne capitale du Vietnam du Sud, prise par les Français en 1859, possède un charme fou, alliant, elle aussi, un passé colonial intact avec une modernité maîtrisée, lui donnant parfois l’apparence d’une cité occidentale, dans ce qu’elle a de meilleur. C’est la fin du parcours et l’impression que ces dix jours sur le fleuve ont filé comme de l’eau entre les doigts. 

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