La peur du peril jaune n’est jamais loin/Nỗi lo sợ “hoàng hoạ” không còn xa ở Âu Châu

Laurence Girard

La date et l’heure de l’inaugura- tion sont déjà fixées : ce sera le 9 janvier 2016 à 10 h 58. Deux ans jour pour jour après le pre- mier coup de pelle, à la minute près. Ce samedi-là, Synutra, un producteur de lait pour bébé installé dans la province du Shandong, ouvrira officielle- ment sa première usine hors de Chine. A Ca- rhaix, au cœur de la Bretagne. Autant dire qu’il y aura du bruit, des pétards et des feux d’artifice dans ce gros bourg du Finistère qui ne faisait guère parler de lui qu’en juillet, lors du festival des Vieilles Charrues.

Pourquoi 10 h 58 ? « En Chine, ces chiffres sont censés porter bonheur », explique Syl- vain Deffontaines, le directeur des ressour- ces humaines de Synutra France. En atten- dant, les tours de séchage et les autres bâti- ments sortent de terre, sous l’œil des six responsables chinois qui dirigent la cons- truction de cette usine, réplique de leur grande installation de Qingdao. M. Deffon- taines, lui, recrute les futurs opérateurs. Au moins 200 emplois sont prévus. « Une tren- taine de candidats viennent de partir pour une formation de 400 heures prise en charge notamment par Pôle emploi », précise-t-il.

Si les délais sont tenus, le lait des vaches bretonnes commencera à être transformé en poudre puis expédié de Carhaix vers la Chine dans moins d’un an. Cible privilé- giée : les parents chinois soucieux de la qualité de ce qu’ils donnent à leur bébé, après le lait à la mélamine et autres scanda- les. Zhang Liang, le très francophile pro- priétaire de Synutra, a déjà promis à ses coactionnaires que cet investissement de 120 millions d’euros dégagerait des bénéfi- ces dès 2017.

« CE N’EST QU’UN DÉBUT ! »

Pour les Chinois, l’année 2015 qui débute le 19 février est celle du mouton ou de la chè- vre, signe de solidarité, d’harmonie et de calme. Nul doute que ce sera aussi celle d’une nouvelle percée des entreprises chinoises en Europe et en France.

A Shanghai, Manuel Valls a joué les séducteurs pour attirer les investisseurs qui s’intéressent de plus en plus aux perles de la vieille Europe.
Mais en France, le sujet reste politiquement sensible. La peur du péril jaune n’est jamais loin

LA PRIVATISATION DE L’AÉROPORT DE TOULOUSE
A FAIT GRINCER DES DENTS

chantier de Carhaix. Mais aussi grâce à la spectaculaire acquisition du Club Med par le conglomérat Fosun, conclue le 11 février, à la privatisation bientôt bouclée de l’aéro- port de Toulouse au profit d’un consortium chinois, et à d’autres opérations encore en projet. Le monde sportif bruit par exemple du possible rachat du FC Sochaux, dont Peu- geot veut se désengager, par le fabricant de LED Ledus. Et dans la Meuse, un autre pro- ducteur de LED, Beijing Shenan, vient de si- gner un accord pour ouvrir une usine de 200 personnes près de Verdun d’ici à la fin 2016. Un investissement de 100 millions d’euros.

« Ce n’est qu’un début ! », prédit Philippe Le Corre, auteur avec Alain Sepulchre de L’Of- fensive chinoise en Europe (Fayard, 200 p., 17 euros). Le mouvement, massif, ne vise pas que l’Europe. En 2014, quelque 272 acquisi- tions ou prises de participation significati- ves réalisées par des groupes chinois ont été recensées par PwC sur l’ensemble de la planète. Un record absolu, à comparer aux 200

transactions enregistrées en 2013. En valeur, les investissements chinois directs à l’étranger ont grimpé de 14 %, à 103 milliards de dollars (90 milliards d’euros), selon les premières estimations du ministère chinois du commerce.

« En incluant ceux effectués via des tierces parties, le volume total des investissements avoisine même 140 milliards de dollars », souligne le ministère. Sur cette base, les in- vestissements chinois hors des frontières auraient dépassé pour la première fois de portations de vins de Bordeaux ont chutéde17%en2014,à 1,78 milliard d’euros. Des éléments combinés qui ont contribué à fra- giliser certains châteaux et à inciter leur propriétaire à les céder.

Les observateurs soulignent toute fois que les Chinois ne se précipitent pas sur les plus belles appellations. Pas question d’enflammer les enchères. Ils cherchent plutôt les bonnes affaires. Souvent, l’important à leurs yeux est le château lui-même. L’enjeu étant la plupart du temps tout autant viticole que touristique. Or, justement, Bordeaux vient de décrocher le titre de meilleure destination européenne de l’année 2015, à l’issue d’un vote en ligne organisé par la société de tourisme European Best Destinations. Mais la soif viticole des entrepreneurs chinois ne se limite pas à Bordeaux ou à la France. Début février, la société hongkongaise CK Life Sciences a avalé 650 hectares de vignes en Australie. p

Laurence girard

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