LA PETITE FILLE AU NAPALM PORTE DÉSORMAIS L’ESPOIR/Cô bé “napalm ngày xưa (từ bỏ thiên đường,nỗi buồn chiến tranh) để sống mang lại hy vọng cho người – báo (thiên tả)L’humanité Pháp

Nỗi buồn chiến tranh đã qua

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Kim Phuc en compagnie du photographe Nick Ut, en 2012. Aujourd’hui âgée de 55 ans, elle préside une fondation internationale destinée à soigner les enfants. Damian Dovarganes/AP

Kim Phuc en compagnie du photographe Nick Ut, en 2012. Aujourd’hui âgée de 55 ans, elle préside une fondation internationale destinée à soigner les enfants. Damian Dovarganes/AP

VIETNAM. LA PETITE FILLE AU NAPALM PORTE DÉSORMAIS L’ESPOIR

Vendredi, 5 Octobre, 2018
Lina Sankari1

Dans un article, Kim Phuc, immortalisée par le célèbre cliché de Nick Ut, revient sur les traitements reçus quarante-trois ans après le bombardement au napalm de son village.

Au premier plan, la bouche d’un frère déformée par l’effroi. Ce cri, presque à la façon du tableau, Edvard Munch, dit l’insupportable. Tam, c’est son nom, implore les adultes d’aider sa sœur, les bras en croix au second plan. Kim Phuc, « la petite fille brûlée au napalm », s’est engouffrée dans l’histoire à l’âge de 9 ans à peine. C’est elle qui bouleversa le monde pendant la guerre du Vietnam. Elle court, nue, horriblement brûlée, la peau du dos en lambeaux, sur une route du village de Trang Bang, près de Saigon, fuyant l’épaisse fumée noire qui s’échappe en arrière-plan. Derrière, des soldats américains marchent à pas lents. La guerre, comme elle va. Nous sommes le 8 juin 1972. Des avions sud-vietnamiens arrosent de napalm une pagode bouddhiste qu’ils croient à tort infiltrée par les combattants viêt-cong. Quatre bombes sont larguées de leurs engins de mort.

Nick Ut, dont le frère photographe pour l’Associated Press vient de mourir, est embauché à son tour. À 21 ans, il voit sortir des flammes la grand-mère de Kim Phuc, un bébé dans les bras, avant d’apercevoir les enfants meurtris. « Nong qua, nong qua », hurle Kim Phuc (c’est trop chaud, trop chaud). « Je tenais mon appareil photo mais pouvais à peine y croire. J’ai pris une photo, tremblant, animé par la peur et la colère. Allait-elle mourir ? Je l’ai portée dans mes bras et l’ai transportée à l’hôpital », se souvient Nick Ut, lors des commémorations des quarante ans de la libération de Saigon, en 2015. Son cliché sera récompensé du prix World Press Photo en 1972 et du Pulitzer de la photo d’actualité en 1974. Certains vont même jusqu’à considérer qu’il fut l’un des tournants de la guerre.

Sur le moment, le journaliste de la chaîne britannique ITN Christopher Wain donne à boire à la fillette et l’arrose pour calmer les brûlures. Nick Ut la couvre ensuite d’un poncho pour cacher sa nudité. La route jusqu’à l’hôpital de Cu Chi est difficile. La voiture encaisse. Kim Phuc, qui lance des cris de douleur, aussi. Elle sombre dans un semi-coma avant d’être confiée au personnel soignant. Ses parents vont d’établissement en établissement pour tenter de la retrouver. Elle sera finalement localisée par Christopher Wain, qui, hanté par son image, part également à sa recherche. Il la découvre sur un lit. La salle, où d’autres enfants gisent entre la vie et la mort, dégage une odeur putride. L’infirmière assure qu’elle va mourir. « Ce n’est qu’une question d’heures », tranche-t-elle.

Après quatorze mois d’hôpital, elle finit par sortir

Kim Phúc2

Le journaliste se bat alors pour qu’elle soit transférée à la clinique américaine Barsky, spécialisée dans les grands brûlés. Les États-Unis donnent leur accord, pas le ministère sud-vietnamien des Affaires étrangères, qui considère que l’affaire pourrait nuire à l’image du pays. Christopher Wain tend alors un couteau au bureaucrate cynique pour qu’il abrège les souffrances de la fillette. Kim Phuc est finalement transférée. Après quatorze mois d’hôpital, elle finit par sortir mais peut à peine se mouvoir. Un autre photographe, Perry Kretz, déploie des efforts considérables pour faire soigner par un chirurgien plasticien allemand sa peau qui se rétracte.

Pour la première fois, elle retrouve des sensations

Kim Phuc signe ce mois-ci un article dans la revue Jama Dermatology avec deux spécialistes. Ils reviennent sur les traitements au laser prodigués depuis 2015 pour soulager les brûlures au troisième et quatrième degré et les douleurs chroniques qu’« elle évalue toujours à dix sur dix », selon les dermatologues Jill Waibel et Leonard Hoenig. Soit une intensité « intolérable ». Pendant sept séances, ils travaillent à ramollir les cicatrices et à la régénération des nerfs. « Le laser chauffe la peau, jusqu’à “ébullition” pour pulvériser les cicatrices », expliquait en 2015 le Dr Waibel, qui offre les soins (1 500 euros, la séance) à Kim Phuc. Pour la première fois, elle retrouve des sensations et l’aisance dans ses mouvements. Ses douleurs s’atténuent. Elles les évaluent désormais à 3, soit un ressenti qualifié d’« intense ». Dans leur article, les médecins expliquent s’appuyer sur les résultats des soins prodigués à Kim Phuc afin de s’engager auprès d’autres « enfants victimes de la guerre et du terrorisme ».

Kim Phúc2

vợ chồng Kim Phúc gặp nhau tại cu ba đang sống ở Canada

Kim Phuc a porté toute sa vie ce traumatisme. Une existence également hantée par cette photo. Partout, elle voit se poser sur elle ces regards emplis de pitié. Elle n’existe pour les autres qu’en survivante de l’horreur. Après un long travail sur elle-même, elle s’empare de ce poids pour donner du sens à l’image de Nick Ut et devenir « une ambassadrice de la paix ». Au Canada, où elle vit avec son mari et ses deux enfants, elle préside également une fondation internationale destinée à soigner les mineurs pris malgré eux dans les conflits.

 

Lina Sankari

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