Chiến tranh thương mãi Mỹ/ Tàu : Nếu Trump có lý ?/Guerre commerciale: et si Trump avait raison?-Slate

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Guerre commerciale:

et si Trump avait raison?

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L’offensive du président américain contre la Chine n’est pas un choix complètement irrationnel et pourrait être utile.

Donald Trump serre la main de Xi Jinping à la fin d’une conférence de presse au Grand Hall du peuple à Pékin le 9 novembre 2017. | Fred DUFOUR / AFP
Donald Trump serre la main de Xi Jinping à la fin d’une conférence de presse au Grand Hall du peuple à Pékin le 9 novembre 2017. | Fred DUFOUR / AFP

Le dernier livre de Bob Woodward, Fear, et le texte anonyme publié par le New York Times confirment ce que tout le monde pensait sur le manque de culture de Donald Trump et son caractère impulsif. Mais à trop sous-estimer le personnage et à classer toute son action sous l’étiquette «imprévisible», on risque de passer à côté de points essentiels.

D’abord, sa politique n’est pas toujours aussi imprévisible qu’on veut bien le dire: elle comporte quelques constantes, comme la destruction de ce qu’a fait Barack Obama ou la méfiance envers les organisations internationales. Ensuite, il ne faut pas oublier que cette politique peut s’appuyer sur la puissance des États-Unis. Enfin, il faut envisager le fait qu’elle puisse parfois contenir des aspects positifs, même si cela ne paraît pas évident et si la maladresse de la mise en œuvre peut aller à l’encontre de l’objectif poursuivi.

Il est difficile de s’opposer à la puissance américaine

En ce qui concerne le commerce international, Donald Trump s’est très tôt intéressé à l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Cela rentre tout à fait dans sa conception générale du monde et sa vision de son propre talent: les États-Unis ont tout intérêt à mener leurs négociations en direct avec chaque État pris individuellement plutôt que dans un cadre multilatéral, parce que c’est dans les relations bilatérales que la puissance américaine peut le mieux se faire sentir et que Trump lui-même peut le mieux déployer son talent de négociateur.

De surcroît, il reproche à l’OMC et notamment à son organe d’appel, où se règlent les différends (ORD), une interprétation des textes des accords qui empiéterait sur la souveraineté des États en général et des États-Unis en particulier. Pour manifester son désacccord, il bloque la procédure de nomination de nouveaux juges à l’ORD. Résultat: compte tenu du calendrier d’arrivée à échéance des mandats en cours, l’ORD pourrait ne plus compter que deux juges fin 2019 alors qu’il en faut au moins trois pour qu’il puisse fonctionner.

«Les Européens profitent vraiment des États-Unis, mais plus pour longtemps!»

Dans ses relations bilatérales, on l’a vu s’opposer pratiquement à tout le monde, y compris à ses alliés traditionnels. Et cela marche. Ce n’est peut-être pas très bon pour l’économie mondiale ni même pour les États-Unis, mais on constate qu’il réussit à imposer sa volonté, les pays visés préférant céder au moins en partie à ses exigences que de s’opposer frontalement à lui. Certains comme l’Argentine, l’Australie et le Brésil ont préféré réduire leur production plutôt qu’avoir à subir les taxes américaines de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium. L’Europe a accepté d’entamer un dialogue de fond sur l’ensemble des problèmes commerciaux avec les États-Unis sans avoir obtenu au préalable la suspension de ces mêmes taxes, et l’Allemagne se montre de plus en plus réticente à l’instauration en Europe d’une «taxe Gafa» par crainte de compromettre ces négociations.

Il est vrai que le tweet rageur de Trump en juillet à l’annonce d’une amende de 4,34 milliards d’euros infligée par la Commission européenne à Google laisse peu de doutes sur les conséquences qu’aurait l’instauration d’une telle taxe: Donald Trump n’aime guère les entreprises –majoritairement californiennes– de la nouvelle économie, il leur préfère la sidérurgie ou l’industrie pétrolière, mais il est prêt à les défendre bec et ongles vis-à-vis de l’étranger: les Européens «profitent vraiment des États-Unis, mais plus pour longtemps!».

Donald J. Trump

@realDonaldTrump

I told you so! The European Union just slapped a Five Billion Dollar fine on one of our great companies, Google. They truly have taken advantage of the U.S., but not for long!

Querelles de voisinage

Vis-à-vis de ses voisins les plus proches, le Mexique et le Canada, il n’est pas plus tendre. Et il est persévérant. Dans son livre, Bob Woodward raconte que Gary Cohn, ancien président de Goldman Sachs et ancien conseiller économique de Trump jusqu’en mars 2018 en tant que directeur du Conseil économique national, aurait subtilisé des documents sur le bureau présidentiel à la Maison-Blanche pour empêcher une sortie de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) et d’un accord avec la Corée du Sud. Ce faisant, Gary Cohn a peut-être évité un éclatement brutal de l’Alena, mais le Mexique a été obligé d’accepter un nouveau textemoins favorable que le précédent, même s’il n’a pas cédé à toutes les exigences américaines. Le Canada a jusqu’au 29 septembre pour trouver un compromis avec son puissant voisin.

Cette politique est très discutée à l’intérieur même des États-Unis. Des économistes estiment que les taxes sur l’acier risquent de compliquer la vie des entreprises qui utilisent ce métal et emploient cinquante fois plus de salariées et salariés que la sidérurgie. Quant à la remise en cause de l’Alena, elle peut gêner les trois géants américains de l’automobile, qui ont tous des usines au Canada. Et, d’une façon générale, la hausse des droits de douane peut avoir pour premier effet de renchérir le coût des produits importés et de peser sur le pouvoir d’achat des Américaines et Américains les plus vulnérables, ceux que le président prétend précisément vouloir protéger.

La Chine en première ligne

Mais le pays sur lequel l’ire présidentielle se déchaîne de la façon la plus violente est la Chine. Ce n’est pas un hasard: c’est avec elle que le déficit commercial américain est le plus élevé: 523,7 milliards de dollars d’importations contre seulement 188 milliards d’exportations en 2017. Le problème n’est pas neuf. L’irruption de ce pays dans le commerce international a complètement changé la donne. Les économistes ont mis longtemps à reconnaître l’importance de ce bouleversement. C’est ce que rappelait ce 12 septembre l’un d’entre eux, Michel Aglietta, au cours de la présentation de la dernière publication du Cepii, L’économie mondiale 2019.

«Deux milliards de personnes qui n’étaient pas dans la division internationale du travail y sont rentrées»

Un grand sujet d’étonnement est en effet la quasi disparition de l’inflation dans les pays développés (actuellement, on parle à tort d’inflation, car s’il y a bien une hausse des prix, celle-ci est due à la hausse des cours du pétrole et elle est très loin de se généraliser à l’ensemble des produits). Même dans des pays comme les États-Unis où le chômage est très faible, les salaires n’augmentent pas et ne tirent plus les prix vers le haut, comme le voudrait la théorie. Une partie de l’explication de ce phénomène est à rechercher du côté des pays émergents: la Chine évidemment, mais aussi l’Inde, l’Indonésie, etc. «Deux milliards de personnes qui n’étaient pas dans la division internationale du travail y sont rentrées», explique Michel Aglietta. Depuis l’entrée de la Chine dans l’OMC en 2011, les prix dans les pays développés sont influencés par ceux des produits chinois et, aux États-Unis, «l’inflation se déconnecte de l’évolution des salaires américains».

Ces salaires n’évoluent plus beaucoup –sauf ceux qui sont situés tout en haut de l’échelle–, le pouvoir d’achat de la classe moyenne stagne et ce sont les revenus tirés du capital, lequel est très concentré, qui grimpent le plus vite. Ce qui a conduit à une explosion des inégalités, au désespoir d’une large partie de la population… et à l’élection de Donald Trump à la présidence, lequel n’oublie pas à qui il doit son succès.

La domination des États-Unis menacée

Inévitablement, Donald Trump devait s’intéresser à la question du commerce international et de la Chine. Il le devait d’autant plus qu’en 2015 s’est produit un événement perçu avec effroi aux États-Unis: l’adoption à Pékin du plan «Made in China 2025» avec lequel le gouvernement affichait l’ambition de s’affirmer comme une grande puissance mondiale dans dix secteurs d’avenir, dont l’aérospatial, les nouveaux matériaux, les robots, les microprocesseurs, etc.

«Cette concurrence stratégique est le déterminant profond des tensions sino-américaines»

Pour les États-Unis, c’en était trop. Comme l’explique Sébastien Jean, directeur du Cepii, «le développement foudroyant de l’économie chinoise menace la position dominante des États-Unis jusque dans les secteurs de haute technologie qui seront les moteurs de la croissance et de la puissance de demain… Même si les foucades de Donald Trump et son obsession pour les déficits commerciaux et les industries anciennes peuvent brouiller l’analyse, c’est bien cette concurrence stratégique qui est le déterminant profond des tensions sino-américaines».

C’est pourquoi il ne faut guère s’attendre à une accalmie durable sur ce front. Au mois de mai, Donald Trump avait paru vouloir observer une trêve, mais dès le mois de juin il annonçait l’imposition de droits de douane additionnels de 25% sur 50 milliards de dollars de produits chinois, 34 milliards dès le début de juillet, puis 16 milliards en août. Il a annoncé ensuite son projet d’ajouter pour 200 milliards d’importations chinoises sur cette liste, voire de les surtaxer toutes. Le 12 septembre, le secrétaire américain au Trésor a proposé au gouvernement chinois de reprendre les négociations commerciales en laissant entendre que les États-Unis pourraient, en cas de succès, renoncer à mettre leurs dernières menaces à exécution. Il ne faut toutefois pas se faire trop d’illusions: les tensions seront durables.

La victoire du barbare sur l’homme civilisé?

La Chine a bien compris le danger, et cela d’autant mieux que l’Europe semble vouloir profiter de l’occasion pour obtenir gain de cause sur plusieurs sujets comme les aides publiques aux entreprises ou les «transferts injustes de technologies». Finalement, on peut se demander si les méthodes brutales de Donald Trump ne sont pas plus efficaces que celles, plus diplomatiques et subtiles (demandes d’enquêtes dans le cadre de l’OMC, accord transpacifique avec les pays voisins de Pékin) de Barack Obama. La victoire du barbare sur l’homme civilisé? Il est encore un peu tôt pour répondre.

Manifestement, le gouvernement chinois essaie d’arrondir les angles et a déjà annoncé des mesures plus favorables aux investisseurs et industriels étrangers. Il reste à savoir jusqu’où il est prêt à aller. Apparemment, la Chine serait d’accord pour donner satisfaction aux Européens sur une réforme des règles de l’OMC, pour tenir compte du fait que certains pays émergents comme elle ne sont plus dans la situation où ils étaient au moment où les règles actuelles ont été établies. Dans l’entourage de Donald Trump, il semble que certains ne seraient pas contre une telle adaptation des règles du jeu, mais il n’est pas sûr que le président ait réellement envie de rester dans ce jeu, même revu et corrigé.

Le réveil tardif des Occidentaux

Et plus fondamentalement, on peut se demander si ces renégociations n’arriveraient pas un peu tard. Pendant des années, on a vu les Occidentaux céder à toutes les exigences de la Chine, par peur de se retrouver mis à l’écart de son marché. En ce domaine, il n’y a pas de nom à citer, de coupable à désigner: tous les chefs d’État et tous les dirigeants d’entreprise ont leur part de responsabilité. Tous ont accepté d’avoir des partenaires chinois qui se sont transformés en concurrents et de procéder à des transferts de technologie grâce auxquels la Chine va pouvoir rivaliser avec eux et les battre dans l’énergie, le transport, l’informatique.

L’administration américaine commence maintenant à mettre en place une politique de visas beaucoup plus stricte pour les étudiants chinois qui veulent venir se former aux nouvelles technologies. Il est temps d’y penser: la Chine a déjà un niveau de connaissances et de compétences très proche dans ses propres universités.

Ce serait une drôle de leçon pour nos gouvernants si un personnage comme Trump réussissait là où ils ont tous échoué. Car il faut bien reconnaître que les dirigeants de Pékin, au cours des dernières décennies, ont joué un jeu dont eux seuls définissaient les règles. Il faudrait maintenant les inciter à respecter des règles définies collectivement.

Mais cette partie-là est peut-être trop subtile pour Donald Trump. Et il risque d’avoir d’autant plus de mal à s’imposer que la collaboration avec les autorités chinoises a bien profité à l’élite de son pays, qui ne tient pas vraiment à ce que les choses changent. La politique est un art complexe.

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