Chuyện của Tây :Tờ Tờ Macron muốn đưa nước Pháp “xoá bài mần lại” ??-Báo L’humanité

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Macron veut faire tourner le pays au régime start-up

BENJAMIN KÖNIG ET CÉDRIC CLÉRIN 
JEUDI, 20 JUILLET, 2017
HUMANITÉ DIMANCHE
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Classe contre classe ou cash pour cash ? Un choix clair pour tous ceux qui se sont opposés à la loi travail et qui remettront le couvert, le 12 septembre, avec la CGT Détails
ZAKARIA ABDELKAFI

L’hôte de l’Élysée rêve d’une « start-up nation », à l’image de ces entreprises « jeunes pousses » qui fleurissent dans les nouvelles technologies, et d’un « État plateforme », sur le modèle Uber. Sous des dehors modernes et « cool », se dessine en fait un pouvoir autoritaire au seul profit des entreprises.

«Vous vivez au pays des start-up et de OuiOui. » Sébastien Jumel, député communiste de Seine Maritime, interpellait ainsi les députés LREM lors du débat sur les ordonnances visant à réformer le Code du travail. Par cette formule visant à fustiger la déconnexion de la réalité des parlementaires de la majorité, l’élu communiste a dévoilé l’une des supercheries du macronisme : tenter de masquer un pouvoir autoritaire, les rapports de classes et les archaïsmes sous le sceau de la modernité. « Je veux que la France soit une start-up nation. Une nation qui pense et évolue comme une start-up », a ainsi déclaré le chef de l’État le 15 juin dernier lors du Viva Technology 2017, le salon mondial des start-up. Une phrase qui résume sur le fond et la forme l’idéologie macroniste. La start-up (jeune pousse en français) est une jeune entreprise du numérique qui cherche à s’imposer sur un marché grâce, notamment, à d’importantes levées de fonds. Grâce à la jeunesse de leurs employés, leurs méthodes de management en apparence très cool, elles jouissent d’une image de modernité, d’innovation et d’esprit d’équipe, autant de qualificatifs que le président aimerait que l’on puisse accoler à la France. Mais la réalité de ces entreprises du XXIe siècle est beaucoup moins rose : des armées de stagiaires travaillent jour et nuit pour permettre à l’entreprise, et à son patron, de décoller.
« C’est un coup marketing réussi, une fabrique de rêves », explique Mathilde Ramadier, auteure de « Bienvenue dans le nouveau monde, comment j’ai survécu à la coolitude des start-up ». « On promet de la liberté aux salariés et derrière on découvre un univers totalitaire : un leader charismatique, un langage commun, une surveillance généralisée et en réalité une absence totale de marges de manoeuvre. » Une duplicité qui n’est pas sans rappeler la communication du nouveau président et sa gestion du débat parlementaire ou même de son propre parti.

« Si l’État est une plateforme, la nation un fichier clients, le citoyen est un utilisateur.» O. Ertzscheid, universitaire. 

L’analogie est également frappante avec l’écart entre promesse et réalité du macronisme. Emmanuel Macron avait basé sa campagne présidentielle, et auparavant son opposition à Manuel Valls, sur l’idée de son attachement aux libertés publiques et de sa vision libérale des questions de société. Une fois au pouvoir, le nouveau président s’empresse de vouloir faire entrer dans le droit commun ce qui était jusqu’alors l’« état d’urgence ».
Sur son libéralisme économique, en tout cas, le président n’aura pas menti. Une nation « start-up » est en effet, dans l’esprit d’Emmanuel Macron, une société tournée vers l’entreprise. « Je veux, en même temps ­ et j’assume pleinement cela ­, lever les contraintes, redonner des libertés de faire, de tenter, parfois d’échouer, et créer les protections qui vont avec le monde qui nous entoure », déclare-t-il ainsi, en guise de profession de foi de sa réforme du Code du travail. Le modèle de l’hôte de l’Élysée est brutal : 9 start-up sur 10 échouent, parfois d’une semaine sur l’autre, en laissant les salariés sur le carreau.
Dans la pure tradition libérale, chez Emmanuel Macron, l’État n’est pas là pour « réguler » le marché, mais pour l’aider à prospérer : « Je veux que notre État se comporte différemment avec le monde économique ; que ce soit non pas un État qui réglemente tout, mais qui facilite et qui accompagne », dit-il. Limpide. Dans la nation « sta r t-up », « nous devons construire un État plateforme qui facilitera, accompagnera, transformera nombre de ses procédures en solutions », explique également le chef de l’État. « État plateforme », du nom des « plateformes numériques » (Uber, Airbnb, etc.) qui font exploser des pans entiers de l’économie. « Si l’État est une plateforme, si la nation est un fichier clients (ou un ensemble de start-up), si la démocratie élective est un algorithme, alors le citoyen ne sera plus qu’un utilisateur » (1), craint pour sa part Olivier Ertzscheid, maître de conférences en sciences de l’information à l’université de Nantes.
Voilà donc la France du XXI e siècle selon Emmanuel Macron : l’illusion de l’horizontalité, l’illusion de la liberté, mais une société tout entière régie par les règles de l’économie. Les patrons décident sans contre-pouvoirs, les citoyens sont des employés qui exécutent sans droit à la parole. La gestion « démocratique » du président depuis le début du quinquennat illustre la dérive que sous-tend sa nation « start-up ».
(1) « De la France comme une start-up nation (et de mon cul comme du poulet) », affordance.info
 
  • À l’Assemblée, ils se taisent d’une seule voix
« Ce texte prend en compte la réalité du monde, un monde qui bouge, un monde qui déménage. Et je ne comprends pas votre hostilité à un monde qui déménage. » Ces mots, dans la plus pure novlangue libérale, sont ceux d’Aurélien Taché, député LREM et coordinateur de la majorité sur la loi travail. Une armée de clones, étroitement encadrés, flexibles et efficaces comme des salariés de start-up : c’est un spectacle surréaliste qui s’est tenu à l’Assemblée à l’occasion de l’examen de la loi travail XXL.
En dix heures de débats en commission des Affaires sociales, les députés LREM n’ont pas pris la parole une seule fois, se contentant de lever le bras pour suivre les ordres de la ministre et du rapporteur, Laurent Pietraszewski. Dans l’Hémicycle, la majorité avait déposé… deux amendements, et n’est jamais intervenue quand le débat a porté sur des points « techniques », comme le motif de licenciement en cas de refus d’un accord d’entreprise de la part d’un salarié. La majorité ne discute pas, ne débat pas, ni du fond ni de la forme. « Ils veulent privilégier le dialogue social, mais on ne peut pas dire qu’ils privilégient le dialogue parlementaire », a moqué le député FI Alexis Corbière. Même à droite, où l’on voulait muscler le texte, on s’émeut : « Ils n’ont fait que lever le bras comme un seul homme. Je n’ai jamais vu ça », a lancé Gérard Cherpion (LR), vieux routier de l’Assemblée. Comme dans une start-up, la modernité de façade cache une réelle absence de liberté (de vote ou de parole, y compris auprès des journalistes) et une surveillance omniprésente.
  • S’organiser pour marcher… au pas de l’oie
Souvent décrit comme la « première start-up politique » en France dont Macron serait le « CEO » (PDG, en anglais), En marche ! en a adopté les codes et le langage : on « benchmarke » pour évaluer l’entreprise, on « disrupte » la politique pour bousculer les codes… Le mouvement s’est développé avec un concept d’horizontalité, au moins en apparence. Car, dans le parti comme au sein du groupe parlementaire, le fonctionnement est très vertical, voire dictatorial. C’est le « Canard enchaîné » qui a révélé l’info : le règlement intérieur du groupe LREM. Plutôt rigide, en l’occurrence : les élus d’En marche ! n’ont qu’un seul droit, celui de la « liberté d’expression garantie » lors des réunions de groupe. Pour le reste, c’est marche au pas : interdiction de déposer des propositions de loi ou même des amendements sans en référer au chef, Richard Ferrand. Interdiction de cosigner des amendements avec des députés issus d’autres groupes ­ même si ceux-ci soutiennent le gouvernement, comme « les Constructifs ». Un verrouillage qui va jusqu’à enjoindre les députés LREM à « respecter l’unité de vote lors des scrutins en séance publique », en commission comme dans l’Hémicycle.
Cette règle est pourtant totalement anticonstitutionnelle, puisque la liberté de vote des élus ne peut être remise en cause. Mais, comme dans une start-up, En marche ! est structuré de façon très centralisée, malgré un vernis de rénovation démocratique. Les « référents départementaux » du mouvement ne sont pas élus mais nommés par la direction, de même que les investitures aux législatives ont été décidées par un petit comité centralisé, dirigé par l’ancien chiraquien Jean-Paul Delevoye. Face à cette absence totale de démocratie interne, un collectif s’est créé : « Les marcheurs en colère ». Ils sont environ 8 000 adhérents à dénoncer les « seigneuries locales » et les « choix arbitraires ». Le député François-Michel Lambert, ex-EELV, prévient : « La marche forcée pour la conquête, OK, mais pas pour la conduite du mouvement. À trop innover, on se fourvoie. »
  • L’info ? Jamais mieux servi que par soi-même
En marche ! n’a pas seulement adopté les codes langagiers et managériaux du monde de l’entreprise, mais également ceux de la communication : une information totalement verrouillée, sur le modèle du « secret des affaires ». Transposé à la vie politique, cela conduit à des attaques d’ampleur contre la liberté de la presse : c’est la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui porte plainte contre « Libération », reprochant au journal d’avoir sorti des informations sur la loi travail ; c’est François Bayrou, alors garde des Sceaux, qui téléphone à France Inter à propos de l’affaire concernant le Modem pour se plaindre de « méthodes inquisitrices » ; c’est le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, demandant aux journalistes de ne pas enquêter sur Muriel Pénicaud afin de « ne pas l’affaiblir ». C’est, surtout, le chef de l’État lui-même, qui ne donne pas d’interview, et choisit un journal ­ le « JDD » du 16 juillet ­, pour mettre en scène « Ce que j’ai dit à Trump », mais refuse de répondre aux questions des journalistes sur l’affaire Pénicaud, du haut de sa superbe : « Je ne commente pas les péripéties du quotidien. » Lors de son discours au Congrès, le président s’est lancé dans une charge contre la presse, appelant à « en finir avec cette recherche incessante du scandale, avec cette chasse à l’homme ». Il parlait des affaires Ferrand et Pénicaud, pas de Fillon : pendant la campagne, les enquêtes sur Fillon ­ qui lui ont ouvert la voie du pouvoir ­ ne le gênaient en aucune manière. Mais le plus grave est sans doute sa volonté de produire une propagande : En marche ! a ainsi annoncé vouloir « se constituer comme un média ». Exactement comme une entreprise produit sa communication.

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